J.R.R. Tolkien, Bilbo le Hobbit

J. R. R. Tolkien, Bilbo le Hobbit, 1937.

(Titre original : The Hobbit)

Qui ne connait pas au moins de nom le phénomène littéraire qu’est le Seigneur des Anneaux ? Adapté au cinéma au début des années 2000 par Peter Jackson, ce monument en trois volumes n’est pourtant pas la première pierre de l’édifice façonné durant la plus grande partie de sa vie par J. R. R. Tolkien. A l’origine de son complexe et profond univers fantastique, dans lequel évoluent hobbits, magiciens, elfes, nains et hommes dans un cadre néo-médiéval, s’inscrit le « modeste » roman Bilbo le Hobbit. Simple et concis, il tranche avec son fameux alter-égo par sa « petite taille » (non, ceci n’est pas une allusion déplacée à l’égard des Hobbits). Ce qui fut à l’origine un conte que Tolkien rédigea pour ses propres enfants dans les années 1920-30, s’avéra l’amorce d’une longue série de romans plus intrigants les uns que les autres. Je n’aurais aucunement la prétention de retracer la carrière de Tolkien, ni d’en dresser une bibliographie détaillant son inspiration, et tous les infimes
détails gravitant autour de son oeuvre monumentale, tâche à laquelle bien des spécialistes se sont déjà attelés, et je n’en ai pas la carrure, aussi grande mon admiration pour l’oeuvre ayant donné vie à la Terre du Milieu soit-elle !

L’histoire : Quelque part dans le Nord-Ouest de la Terre du Milieu, une communauté de petites personnes se distinguant de nous les hommes par leur tempérament casanier s’est établie dans une localité du nom de la Comté. Biblo Baggins (dont le nom original est ensuite traduit par Biblon Sacquet dans le Seigneur des Anneaux) y aime à prendre des repas fréquents et copieux au sein de son « terrier », sa demeure creusée dans les collines de la région, comme tout bon Hobbit qui se respecte, et à l’occasion, fumer la pipe à l’ombre d’un arbre devant le pas de sa petite porte ronde. Bilbo aurait probablement mené une longue vie paisible et monotone comme il est de rigueur chez les Hobbits, mais c’était sans compter la visite inatendue (pour lui !) d’un magicien à la longue barbe grisâtre nommé Gandalf, invitant à son insue treize nains, dont leur chef, Thorïn Oakenshield, héritier du trône sous la Montagne Solitaire, bien loin dans les terres de l’Est.
Là s’est établi le dragon Smaug, qui a dévasté le royaume souterrain du père de Thorïn, et s’est accaparé l’incommensurable butin accumulé durant de très nombreuses années par les nains, qui faisait jadis la renommée de toute la région. C’est ainsi que, plus ou moins sans avoir son mot à dire, le pauvre Bilbo Baggins se voit engagé par les nains, sur les recommandations de Gandalf, comme « cambrioleur » dont la tâche revient à reprendre possession du trésor enfoui et gardé par le monstre.
Ainsi, la petite troupe entreprend une longue progression, à travers bois, montagnes truffées de gobelins sanguinaires – étape cruciale dans la suite de l’oeuvre de Tolkien, où Bilbo croisera le chemin de Gollum et entrera en possession du fameux anneau magique – forêts enchantées peuplées de géants, d’elfes, et de plaines aquatiques où sont installés les hommes.
Comme je l’ai mentionné précédemment, Tolkien sème ici les bases de son oeuvre pharaonique, détaillant déjà avec grande minutie les habitudes de chacune des races mentionnées ci-dessus. Le style d’écriture de l’auteur est également très particulier, dans la mesure où ce dernier s’adresse ouvertement à son lecteur, à la manière d’un conteur de rue. Tolkien pousse la caractéristique jusqu’à suggérer qu’il a lui-même personnellement cotoyé ses personnages et qu’ils existeraient réellement au sein d’une Terre du Milieu… Pour preuve, un extrait que je trouve assez parlant :
« La mère de notre hobbit… Mais qu’est ce que les hobbits ? Je pense que, de nos jours, une description est nécessaire, vue la raréfaction de leur espèce et leur crainte des Grands, comme ils nous appellent. […] Il n’y a guère de magie chez eux que celle, toute ordinaire et courante, qui leur permet de disparaître sans bruit et rapidement quand de grands idiots comme vous et moi s’approchent lourdement, en faisant un bruit d’éléphant qu’ils peuvent entendre d’un kilomètre.« 
On pourra également constater que, non seulement Tolkien part du principe que ses personnages sont réels et qu’ils interagissent avec nous (ou tout du moins l’eurent-ils fait avec lui à un moment donné…), mais il n’hésite pas à engager la conversation avec son lecteur et à l’impliquer directement dans son récit. C’est dans cette mesure que le style de Tolkien s’affirme. Style qu’il gardera dès lors, et que l’on retrouvera extrêmement bien présent dans l’introduction au Seigneur des Anneaux. Cette séquence conséquente de la saga s’apparente à une recherche sur les rites et coutumes des Hobbits ainsi que leurs origines, à la manière d’un essai d’ethnologie (dont un passage marquant sur l’invention de la pipe et l’importance sociologique de fumer le tabac à l’aide de cet ustensile dans la communauté de ces petites gens).
Mon avis : Une agréable lecture pour les amateurs d’heroic fantasy, un genre tout particulier de la science-fiction, introduisant dans une atmosphère médiévale une panoplie de créatures diverses et variées parmi lesquelles évolue la race des Hommes. A mon humble avis, ce sous genre doit toutes ses lettres de noblesse à J. R. R. Tolkien, qui a su en développer les aspects les plus complexes pour rendre son univers quasi-crédible à son lecteur. Aujourd’hui, ses dignes héritiers reprennent le flambeau avec un poids conséquent sur leurs épaules : ne pas décevoir les amateurs du maître ! On pensera ainsi à George R. R. Martin et sa saga intitulée le Trône de Fer (A Game of Thrones), dont la critique du premier volume ne saurait se faire attendre sur ce blog !

Ma note :

Presque dix ans après l’adaptation cinématographique de la légendaire trilogie le Seigneur des Anneaux, véritable prouesse technique et technologique de la part de Peter Jackson, à laquelle bien d’autres s’étaient heurté avant lui, le réalisateur remet ça et nous propose enfin un film retraçant sur grand écran les aventures de Biblo Baggins, l’oncle du désormais célèbre Frodon Sacquet (Frodo Baggins, dans la version originale). Sortie prévue en décembre 2012.

Certaines critiques ont d’ores et déjà pointé du doigt le fait que certaines parties du film, notamment la présence de l’elfe Galadriel aux côtés de Gandalf, ne figuraient pas dans le livre Bilbo le Hobbit. Néanmoins, la justification de Peter Jackson à cette liberté est totalement logique à mes yeux. En effet, le personnage de Gandalf le magicien n’accompagne les nains et Bilbo que durant la première partie de leur voyage, pour ensuite les retrouver au terme de leur aventure à la Montagne Solitaire. Il est précisé dans le livre que Gandalf doit régler d’autres affaires dont il n’est pas question ici… (l’auteur entretenant volontairement le mystère). La réponse à cette question est à chercher dans l’ouvrage Contes et Légendes inachevés : troisième partie, le Troisième Age... Alors pour les plus curieux d’entre vous, à vos livres, car lorsque l’on s’atèle à l’oeuvre de Tolkien, on est bien loin d’en avoir fini !
This entry was posted in 3 étoiles, Fantastique, Young-Adult and tagged , , . Bookmark the permalink.

3 Responses to J.R.R. Tolkien, Bilbo le Hobbit

  1. Anonymous says:

    Le livre est pas mal, mais vraiment trop trop long, parce que il y a des moments qui servent a rien.

    • MissMymoo says:

      Effectivement, certaines parties du roman sont un peu dénuées d&#39;action et on serait tentés de s&#39;endormir…<br />Mais long, ce n&#39;est rien comparé à la trilogie du Seigneur des Anneaux ! 🙂

  2. Shoushoun says:

    Il faut du courage pour se lancer dans cette saga !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *