Nadia Bouzid, L’Alpha

Nadia Bouzid, L’Alpha, éd. Plon, août 2012.

Glaçant. C’est le mot qui me revient lorsque je repense à cette lecture. Les 175 pages de ce roman angoissant se dévorent rapidement. Pas de tergiversations, de longueurs injustifiées dans cet ouvrage. L’auteure va droit au but. Je ferai donc de même pour cette critique.
Après l’incendie de l’immeuble dans lequel logeait l’héroïne, celle-ci est recueillie et hébergée par la propriétaire de l’Alpha, un cinéma d’art et d’essai du quartier. Étrange petite maison, s’apparentant plus à une ruine qu’à une construction habitable, que celle dans laquelle elle se réveille le lendemain de la catastrophe. Qui est réellement sa propriétaire, Andrea, une femme sans âge et au combien mystérieuse ?
Cette dernière lui fait bien comprendre que sa vie d’avant s’est envolée avec l’incendie de sa chambre de bonne. Cette hospitalité soudaine n’est pas sans contrepartie : une tâche attend la jeune femme, mais laquelle ? Pourquoi Andrea la paye-t-elle pour ne rien faire « de concret » ? Que dissimule cette étrange personnage et la maison crasseuse dans laquelle est semble avoir fait son nid ?

En bref : Chaque détail à son importance. Lorsqu’il ne contribue pas directement à la trame de l’histoire, il est là pour insinuer le malaise dans l’esprit et l’imagination du lecteur. La maison est omniprésente dans ce roman s’apparentant fortement à un thriller psychologique. On dévore les pages pour découvrir enfin ce que tout ce manège cache vraiment… Car une part de nous ne peut s’empêcher de se reconnaître dans cette jeune étudiante esseulée, tout du moins, de craindre de lui ressembler :

« Mes papiers ont brûlé, mes parents sont morts il y a deux ans dans un accident de voiture, je n’ai pas de frères et soeurs et pas d’amis chez qui je puisse rester plus de deux jours sur un canapé. » [p. 21]

La tâche mystérieuse qui attend la jeune femme en contrepartie de cet hébergement et de cette paye régulière ne cesse de se faire attendre, ce qui ménage amplement le suspense. On ne peut qu’envisager le pire. L’imagination du lecteur est ainsi sollicitée afin d’anticiper le plus sordide, le plus étrange… Par cet habile procédé, Nadia Bouzid nous tient en haleine tout le long du roman. Brillant.

Mon avis : Si ce roman était adapté au cinéma, il offrirait à mon sens un formidable potentiel au réalisateur désirant marcher dans les pas tracés par Hitchcock après le succès de Psychose, rien de moins !

Ma note :

Merci aux éditions Plon ainsi qu’à Babelio et son opération Masse Critique, pour m’avoir donné l’opportunité de découvrir cet incroyable roman.

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One Response to Nadia Bouzid, L’Alpha

  1. rougier luc says:

    J’ai lu l’Alpha. Un merveilleux roman, pas moins. J’ai aussi lu  » quand est morte Berreta de Nadia et j’attend avec impatience son nouveau recueil de nouvelles.
    Merci pour votre dédicace Nadia.
    A bientôt pour vous lire.
    Très amicalement.

    luc

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