Anne Plantagenet, Marilyn Monroe

Anne Plantagenet, Marilyn Monroe, éd. Folio, mars 2012.
Comment achever l’année 2012 sans mentionner au moins un ouvrage traitant de Marilyn Monroe ? Alors que l’on commémore cette année le triste 50e anniversaire de sa disparition, je souhaitais revenir le destin brisé d’une des plus marquantes et brillantes personnalités que l’Histoire ait connue.
Tant a déjà été écrit au sujet de l’icône la plus glamour du cinéma du XXe siècle, la plantureuse et envoûtante Marilyn Monroe.  Comme tous les grands personnages mythiques de l’Histoire,  la légende ne se crée pas sans une once de mystère.  Dans le cas de Marilyn,  toute sa vie est parsemée de zones d’ombre. C’est avec dextérité et prudence qu’Anne Plantagenet dresse ici un portrait aux multiples facettes et aux contours troubles de la femme, depuis la fluette et timide Norma Jeane, à la sulfureuse Marilyn Monroe, apparaissant soudain bien plus complexe et torturée qu’on ne pouvait encore l’imaginer.

En bref : Toutes les grandes stars connaissent des fins tragiques. Marilyn en est la triste illustration. Son décès et les circonstances troubles qui l’entourent n’ont fait que seller son nom dans la légende. Enfant non désirée, issue d’une lignée familiale où les femmes souffrent de gravent troubles psychiatriques, ballottée de familles d’accueil en orphelinat, jeune adolescente violée sous l’unique toit que lui offrit brièvement sa mère durant quelques mois, par un locataire de passage, mariée à seize ans pour enfin trouver un foyer sécurisant, sans succès… Tous ces évènements tragiques contribuèrent à forger la personnalité tourmentée de Marilyn Monroe, son inlassable quête d’un protecteur par la séduction, la sexualité qui ne représente plus rien pour elle, blessée dans son intimité dès son plus jeune âge. Tous ses amants, maris, agents, sont son « daddy« , des  figures paternelles de substitution, à l’image de Clark Gable, acteur dont la mère de Norma Jeane gardait une photographie en prétendant qu’il était son père… Énième fantasme d’une mythomane cyclothymique.

Cette brillante biographie revient sur les éléments marquants, parfois en apparence insignifiants, mais qui, mis bout à bout, construisent les multiples personnalités tourmentées de la jeune femme, brune, blonde, et brune à nouveau lorsqu’elle tente de retrouver un tant soit peu d’anonymat.

« [à la fin d’un entretien avec une agence de mannequins] « Un petit conseil, ajouta-t-elle au moment de prendre congé de la jeune fille tout à sa joie, à ses larmes de bonheur, à son sourire de gratitude éperdue, vous aurez un succès fou auprès des photographes si vous vous teignez les cheveux. En blonde. Je vous le garantis. Faites-vous décolorer, devenez blonde, et vous les aurez tous à vos pieds. Croyez-moi. »
Non merci, bafouille Norma Jeane. Elle n’y tient pas. Elle aurait l’air tellement artificiel. Ne se reconnaîtrait plus.
Blonde, ce ne serait plus elle. » [p. 86-87]

Marilyn sous les flashes des photographes, redevenue Norma Jeane dans la solitude de ses nombreux appartements temporaires dans lesquels elle vit dans un dénuement quasi-total, un téléphone en guise de peluche, lové dans le creux de ses bras, tant la peur de l’abandon revient la hanter chaque nuit. Un simple matelas au sol, car Marilyn a horreur des biens matériels. L’argent n’est pas sa motivation.

« […] elle a empoché un peu d’argent grâce aux photos de Conover et […] il lui brûle les doigts. Plus exactement, il la dérange, la culpabilise, l’encombre sûrement. Elle méprise et sa valeur et le pouvoir qu’il octroie. » [p. 80]

Mon avis : Cet ouvrage est le parfait exemple qu’une biographie peut-être aussi passionnante qu’un très bon roman. Certes, le sujet est en lui-même une source intarissable de spéculations, mais le foisonnement des détails et contradictions, souvent directement issus de Marilyn elle-même lors de ses interviews et déclarations privées, pourrait porter à confusion. Anne Plantagenet recrée le fil de la vie de l’icône pin-up avec fluidité et précision, sans aucune lourdeur dans l’écriture. Les chapitres sont plus passionnants les uns que les autres. On ne peut que ressortir encore plus émus de cette lecture.

Ma note :

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