Philippa Gregory, La Reine clandestine (The Cousins’ War #1)

Philippa Gregory, La Reine clandestine (The Cousins’ War #1), éd. L’Archipel, janvier 2013.

(Titre original : The White Queen)

Un trône, une famille, deux clans qui se déchirent pour régner sans partage sur l’Angleterre.
Après son best-seller Deux Soeurs pour un roi, Philippa Gregory nous propose de revivre au travers de sa plume avisée, l’un des épisodes les plus sanglants de l’Histoire de la Couronne britannique. La Reine clandestine est le premier tome de la trilogie The Cousins’ War (la Guerre des Cousins), opposant la Rose Blanche (les York) à la Rose Rouge (les Lancastre) durant la majeur partie du XVe siècle.

En bref : 1464. Le nouveau roi yorkiste Edouard IV s’éprend d’une jeune veuve, Elisabeth Grey, dont feu son époux combattait dans le camp adverse.

« Ainsi en va-t-il toutefois, dans cette guerre que l’on nomme « la guerre des cousins » car ceux-ci s’opposent les uns aux autres et leurs enfants s’affrontent après eux. » (p. 24)

« Le coeur à ses raisons que la raison ignore », et les deux protagonistes s’unissent à la hâte, en toute intimité. Dès que son pouvoir est clairement affirmé et ses derniers opposants entravés, le souverain annonce à sa Cour le-dit mariage, ce qui n’est pas sans irriter son mentor, le comte de Warwick, qui nourrissait à son endroit une alliance plus fructueuse, qui assoirait plus fermement sa position sur le trône et dont il tirerait lui-même les bénéfices. Or, la famille Rivers, dont est issue Elisabeth, semble déjà tisser sa toile sur tous les bons partis d’Angleterre, le laissant pieds et poings liés.
Qu’il est maladroit de priver un tel ambitieux des rêves dont il se berce depuis son enfance…
Il n’en faut pas plus pour inverser le sens du vent. L’héritier lancastrien, bien que mentalement limité, est toujours en vie. La menace d’une nouvelle révolte plane encore sur l’Angleterre.
Elisabeth, descendant de par sa mère de l’illustre fée Mélusine, déesse des eaux, ressent en son for intérieur tous ces dangers. Les dons de prémonition et d’invocation des forces aquatiques la guideront tout au long de ces tempêtes incessantes, qui n’épargneront aucun des deux camps.

« Ma mère masque un sourire. Fille de Bourgogne, descendante de Mélusine, la déesse des eaux, jamais elle ne se sentit contrainte d’agir à l’encontre de sa propre volonté, et il ne lui viendrait pas à l’esprit que sa fille diffère d’elle en ce domaine. » (p. 28-29)

« Vous n’êtes point Mélusine jaillissant des eaux pour embrasser le bonheur, ni seulement la plus jolie femme de la cour. La route que vous avez choisie sera pavée de combats, de brouilles, d’intrigues. » (p. 63)

Mon avis : Comme à l’accoutumée, Philippa Gregory dépeint une nouvelle fresque historique à grands renforts de documentation d’une grande précision. Les intrigues du pouvoir sont, tout comme on avait pu le remarquer dans Deux Soeurs pour un roi, vécues par le lecteur aux travers des yeux de l’héroïne principale de l’ouvrage, Elisabeth Woodville dans le présent récit. Ce point de vue singulier, additionné à de très nombreuses précisions historiques, nous plonge entièrement et sans aucune retenue dans la succession incessante de rebondissements qui constituent cet incroyable roman, dont on ne ressort pas indemne.
La fin de l’ouvrage ouvre clairement la perspective d’une suite à cette trilogie. The Red Queen (titre VO), deuxième tome de la saga The Cousins’ War, relate les batailles menées par la dernière femme potentiellement apte à revendiquer le trône pour son camp, celui des Lancastre, le camp adverse, doté de leur emblème fétiche, une rose rouge.

« Les hommes se battent, les femmes attendent et tirent des plans. » (p. 338)

Voici qui résume à la perfection le credo de l’époque lorsqu’il est question de la condition féminine ainsi que de son rôle dans les impitoyables jeux de pouvoir.
Ma note :
Espérons que les éditions L’Archipel continuent dans cette belle lancée et poursuivent la traduction de la saga The Cousins’ War avec les deux derniers romans déjà parus en version anglaise : The Red Queen et The Lady of The Rivers (« La Dame des Rivières », dépeignant la légende médiévale de Mélusine).
La chaîne télévisée anglaise BBC One procède actuellement à l’adaptation de ce premier roman en série tv composée de dix épisodes.
Espérons que celle-ci tienne plus de la qualité des « Tudors » que de la débâcle du film tiré du roman Deux Soeurs pour un roi.

Je vous propose ma première chronique vidéo au sujet de ce roman, l’occasion de discuter plus amplement de cet ouvrage :

Bonne lecture !

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2 Responses to Philippa Gregory, La Reine clandestine (The Cousins’ War #1)

  1. Anonymous says:

    bonjour,<br />je viens de terminer la lecture du premier opus &#39;la reine clandestine&#39; de la saga la guerre des cousins de Philippa Grégory …. j&#39;ose espérer que vous allez poursuivre la traduction en francais des autres opus déjà parus en version anglaise.<br />je ne saurai rester dans l&#39;intrigue.<br />Merci de votre diligence,

    • MissMymoo says:

      Cela fait presque un an que j&#39;ai demandé à la maison d&#39;édition s&#39;ils comptaient poursuivre avec les tomes suivants… toujours pas de réponse. J&#39;ai bien peur que cela n&#39;augure rien de bon.

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