Lissa Price, Starters (Starters & Enders #1)

Lissa Price, Starters (Starters & Enders #1), éd. Robert Laffont (Collection R), mars 2012

(Titre original : Starters)

Une attaque bactériologique a frappé l’Amérique : la Guerre des Spores. Le gouvernement a décidé à la hâte de ne vacciner que les populations à risques : les jeunes et les personnes âgées. Malheureusement, les spores s’étant abattus sur le pays n’ont pas épargné le système immunitaire des adultes qui ont très vite péri.
Un an après cette attaque, la pyramide des âges s’est considérablement altérée : un fossé gigantesque sépare les Starters (les mineurs) des Enders (les personnes âgées, nombre d’entre eux dépassant même la centaine d’années). Sans aucun parent pour les protéger et les représenter au regard de la loi, la majorité des Starters vivent en marge de la société. Les Enders, quant à eux, profitent d’une vie pleine de privilèges, où ils occupent une place de choix et où tout est mis en place pour les satisfaire… Jusqu’à l’inimaginable : une Banque des Corps, dénommée Prime Destinations, propose aux Starters de louer leur enveloppe corporelle à des Enders qui en prendront le contrôle par leur esprit, pour une durée plus ou moins longue. Un moyen rapide et efficace pour les Starters de récolter de l’argent dont ils manquent cruellement, car étant mineurs, il ne leur est pas accordé le droit de travailler. Quant aux Enders, quelle merveilleuse possibilité de revivre leurs folles années de jeunesse, dans un corps non soumis à la fatigue et aux rhumatismes. Jouer à l’apprenti sorcier comporte des risques, et quand la machine s’enraye, on commence à déceler de nombreuses failles et dérives dans le système…

En bref : Callie Woodland est une jeune adolescente de 16 ans. Comme tous les autres Starters aux côtés desquels elle tente de survivre au quotidien, elle a perdu ses parents il y a un an de cela, lors de la Guerre des Spores. La seule famille qu’il lui reste se résume en la personne de Tyler, son petit frère de 7 ans.
« Je caresse ses cheveux de bébé si doux, puis son cou. Son sweat-shirt à capuche a glissé de l’une de ses épaules, révélant la cicatrice de son vaccin. Je la touche du doigt avec un sentiment de reconnaissance. Sans elle, on serait tous morts, comme nos parents. Ou comme toute personne entre vingt et soixante ans. De même que les Enders plus âgés, nous sommes les plus vulnérables. C’est pour cette raison que le gouvernement nous a fait vacciner en premier contre les spores du génocide. Et, aujourd’hui, nous formons les dernières poches de survivants. Quelle ironie du sort ! » (p. 28)
Toutefois, Tyler est gravement malade et sa santé se détériore de jours en jours. N’ayant aucuns revenus et vivant dans un squat plus que précaire, elle ne dispose pas des moyens nécessaires pour soigner efficacement son frère qui lui est si cher.
Un jour, Callie entend parler d’une mystérieuse société nommée Prime Destinations, qui propose aux Starters dans le besoin un moyen rapide et efficace de se procurer de l’argent. Cette compagnie secrète, dont le siège est situé dans de luxueux locaux au coeur de la banlieue très prisée de Los Angeles, Beverly Hills, offre à Callie un contrat l’engageant à louer son corps à 3 reprises, pour des durées plus ou moins longues, à de riches Enders qui en prendront possession grâce à une micropuce implantée à l’arrière de son crâne. En théorie, Callie dormira tout le temps du transfert, et ne se réveillera qu’à l’issue de la location, lorsque la conscience de l’Ender aura réintégré son corps d’origine. Les clauses stipulent que le corps du Starter doit être respecté, qu’aucune activité illicite ou dangereuse ne doit être pratiquée par l’Ender en possession de cette nouvelle enveloppe corporelle. Après maintes hésitations, Callie signe, car Tyler a résolument besoin de cet argent pour se remettre sur pieds.
Cependant, l’une des locations ne va pas se dérouler comme prévu… Un bug dans le système et Callie se réveille en plein milieu d’une boîte de nuit bondée, entourée d’Enders ayant également loués le corps de jeunes Starters comme elle.

« Un garçon comme lui, riche et canon, qui s’intéresse à moi, une clocharde ? On se croirait dans un film… A cet instant, j’aperçois mon reflet dans une colonne de miroirs et la réalité me frappe en plein visage. J’ai complètement oublié que je ressemble à une star de cinéma. » (p. 105)

Pour empocher l’argent de la compagnie, Callie ne peut se résoudre à retourner au siège de la société et leur signaler ce dysfonctionnement. Elle poursuit donc sa supercherie, comme si de rien n’était, se faisant passer pour l’Ender ayant loué son corps. Une fois infiltrée malgré elle dans ce monde luxueux qu’elle n’aurait jamais pu approcher, même dans ses rêves les plus fous, elle commence toutefois à percevoir de nombreuses dérives quant à l’utilisation réelle qui est faite du corps des Starters lorsqu’ils sont théoriquement inconscients, et que les Enders en prennent possession.
L’argent et le pouvoir peuvent-ils réellement tout acheter ? Jusqu’où peuvent aller des personnes ne se souciant plus de l’importance d’une vie humaine mise à part de la leur, surtout lorsque celle-ci paraît aussi insignifiante que celle d’une adolescente, au regard des centaines d’années d’expérience d’un Ender fortuné ?

« C’est moche d’en arriver là. En descendant les marches du perron, je n’arrive pas à effacer de ma mémoire le visage de Sara. C’est mon double, ou presque, à quelques années près. Une orpheline sans espoir, affamée, qui se contente des restes, et à la merci d’une société plus soucieuse de ses chiens errants que de sa jeunesse. » (p. 277)

Mon avis : Une excellente dystopie qui sort des sentiers battus. Ce premier volume dénonce ouvertement le fossé qui peut se creuser entre deux catégories de population que les années ont éloigné l’une de l’autre : les jeunes et les personnes plus âgées. Certaines réactions d’incompréhension et de mépris vis-à-vis de l’une ou de l’autre sont malheureusement déjà d’actualité.

« Il hésite, le temps de réfléchir, puis marmonne une excuse d’une voix sèche, sans prendre la peine de croiser mon regard avant de s’en aller dans la direction opposée. Jamais je ne me suis sentie aussi vide. Cela ne sert à rien de discuter avec lui. Plus d’un siècle nous sépare en âge, lui et moi. Comment peut-il se mettre à notre place ? » (p. 38)

Ma note : 
Deux nouvelles numériques pour tablettes et liseuses sont disponibles gratuitement sur les plateformes de téléchargement. La première, Portrait d’un Starter, est une introduction au premier volume Starters. Quant à Portrait d’un Marshal, il dépeint les dérives que l’on découvre dans le premier tome de cette duologie, du point de vue d’un Ender dont le rôle est de faire régner l’ordre dans la société (il est donc conseillé de la lire après le tome 1).
       
Voici ma chronique vidéo au sujet du premier volume de cette duologie, ainsi que sur les nouvelles numériques qui y sont rattachées :

Bonne lecture et à bientôt !

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4 Responses to Lissa Price, Starters (Starters & Enders #1)

  1. Anonymous says:

    j'ai déjà lu ce livre et je le trouve vraiment bien… Je le conseille vivement à ceux qui ne l'on pas encore lu !

  2. Mandragore says:

    Chronique très complète, merci ! :)<br />Je pense vraiment l&#39;acheter, il me tente beaucoup !

  3. J&#39;ai beaucoup aimé ce livre aussi 🙂

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