Kiera Cass, L’Elite (La Sélection #2)

Kiera Cass, L’Elite (La Sélection #2), éd. Robert Laffont (Collection R), 23 avril 2013

(Titre original : The Elite)

Je vous encourage à découvrir au préalable les chroniques du premier tome, la Sélection, ainsi que de la nouvelle numérique The Prince, si vous n’avez pas encore lu ces ouvrages.

Elles étaient 35 Sélectionnées, le processus d’élimination n’a conservé que 6 membres de l’Elite. Malgré tous ses efforts pour demeurer insensible aux charmes du Prince Maxon, America Singer ne peut le nier, elle développe des sentiments amoureux envers celui qu’elle fut trop prompte à juger superficiel, froid et sans cœur.
Alors qu’elle envisage tout juste de devoir se battre pour gagner l’affection unique du Prince, son ancien amour réapparaît au palais : Aspen Leger est désormais membre de la garde royale, et n’est pas prêt à abandonner America. Plus qu’un triangle amoureux, c’est une double compétition qui se joue dans l’enceinte de ces murs.

En bref : Maxon n’avait jamais caché sa préférence pour America, mais jusqu’ici, cette dernière ne souhaitait pas de son affection. Les attaques répétées des Renégats du Sud et du Nord ont toutefois rapproché les deux partenaires, renforçant les liens qui pouvaient les unir, et laissant naître chez America des sentiments qu’elle n’aurait jamais soupçonnés envers le Prince. Ce dernier ayant laissé de côté sa carapace de glace et exposé ses plus grandes craintes et insécurités à sa favorite, elle ne peut désormais plus s’empêcher d’envisager l’éventualité que son cœur pourrait la porter vers lui.
Alors que la Sélection s’est resserrée et qu’il ne reste plus désormais que six membres constituant l’Elite parmi les jeunes femmes, America décide d’ouvrir son cœur à Maxon, alors qu’elle prend conscience que la compétition n’est pas achevée, et que rien ne lui est acquis.

« Je comprend alors que tout cela est bien réel, que je ne rêve pas. Je comprends aussi que je vais devoir tourner le dos aux amitiés que j’ai forgées au palais, si les circonstances l’exigent. Et je comprends que je vais devoir éteindre la flamme que j’entretenais pour Aspen. Cela prendra du temps, mais j’y arriverai.
Parce que j’appartiens à Maxon désormais. Je n’ai plus aucun doute à ce sujet. » (p. 86) 

Elle qui auparavant ne souhaitait uniquement demeurer dans la compétition afin de garantir un revenu substantiel pour sa famille, ne supporte pas l’idée de perdre l’affection de celui qui pourrait bien être son âme sœur.

« – La chose la plus merveilleuse et la plus terrible qui puisse vous arriver […]. Un bonheur qui menace à tout instant de vous filer entre les doigts, en quelque sorte.
Lucy a parfaitement résumé la situation. L’amour, c’est une peur qui vous donne des ailes. » (p. 68) 

Jusqu’au jour où son premier grand amour, Aspen Leger, refait son apparition aux côtés de la jeune fille. Celui qui lui avait brisé le cœur avant son départ pour Angeles fait désormais parti de la garde royale, chargée de les protéger des incursions des insurgés. Il ne cache pas ses intentions. Ayant pris conscience de la grave erreur qu’il avait commise en rejetant America de sa vie, ce dernier est déterminé à reconquérir sa belle, quel qu’en soit le prix, tout en s’exposant au risque d’être démasqué, une Sélectionnée ne pouvant être convoitée par un autre homme avant que le Prince ne l’aie rejetée de la compétition, sous peine de mort.
Il n’est donc à présent plus question d’une seule Sélection, composée de plusieurs jeunes femmes devant batailler pour conquérir le cœur du Prince. America fait également l’objet de la convoitise des deux hommes entrés à des moments variés de sa vie, mais s’y retrouvant simultanément et prêts à tous les sacrifices pour l’emporter, bien qu’un seul des deux soit réellement conscient de la lutte qui s’amorce désormais en ce sens.

« – Parfois j’ai l’impression que Maxon et moi, on vit chacun notre version de la Sélection. A la fin du processus, l’un de nous réussira à te conquérir. Comme Maxon ne sait pas que nous sommes rivaux, il risque de faire moins d’efforts. Moi, en revanche, je dois agir dans l’ombre, et je n’ai pas ses moyens faramineux. » (p. 213)

Alors que le coeur d’America ne cesse de pencher en faveur de l’un puis de l’autre, les Renégats poursuivent leurs incursions toujours plus violentes et meurtrières. La question de leurs motivations demeure un mystère.
Des doutes commencent également à planer sur l’entière sincérité du Roi et de son fils, le Prince Maxon, quant à leurs agissements politiques, et à leur gestion du pays, s’apparentant parfois plus à une tyrannie exploitant le système des castes qu’une réelle monarchie adulée de son peuple. N’est-ce pas le but premier de la Sélection ? Divertir la masse et la détourner des réels enjeux de la société… Qui croire ?

« – Ecoute America, le problème avec Maxon, c’est qu’il joue un rôle. Il se fait passer pour le gendre idéal. Mais il est comme tout le monde, il a ses défauts, ses faiblesses. Je sais qu’il te trouble, mais l’habit ne fait pas le moine, ne l’oublie pas.
J’acquiesce sans un mot. Maxon et son souci des convenances, son besoin de faire bonne figure, de donner le change ! Joue-t-il la comédie du matin au soir ? Tient-il aussi un rôle quand il est avec moi ? Comment être sûre de sa sincérité ?
– Il vaut mieux que tu comprennes le plus tôt possible que tu dois te méfier de Maxon, poursuit Aspen. Ce n’est pas après ton mariage que tu pourras revenir en arrière. » (p. 124)

America semble plus perdue que jamais. Tiraillée entre son amour de jeunesse et un Prince au charme désuet dont les responsabilités lui somment d’entretenir une grande part d’ombre autour de lui, la jeune femme ne sait plus à qui remettre sa confiance, son cœur et son destin.

« A une époque, j’aurais résumé la Sélection à un choix très simple : Maxon ou Aspen. Ce choix a fini par entraîner une myriade de questions. Suis-je une Cinq ou une Trois ? Serai-je femme de soldat ou épouse de roi ? Retrouverai-je le confort de l’anonymat ou me forcerai-je à me tenir la tête haute sous les projecteurs ? Parviendrai-je à ne pas déverser ma haine sur celle qui partagera la vie de Maxon si je choisis Aspen ? Ou sur celle qui partagera la vie d’Aspen dans le cas contraire ? » (p. 216)

Mon avis : Un second volet de cette saga qui surpasse de loin le premier, si cela était toutefois possible. Ce véritable page-turner ne vous laissera pas reposer ce livre du début à la fin de l’ouvrage. Les rebondissement y sont légion, notamment sur la question du choix d’America parmi ses deux prétendants : Aspen ou Maxon.
Ce triangle amoureux est plus que surprenant compte-tenu du fait que la trame principale de l’histoire consiste en une compétition sans merci entre plusieurs jeunes filles pour gagner le cœur du Prince. Malgré tout, l’héroïne parvient à éprouver des sentiments divers et contradictoires envers ce dernier ainsi que son amour d’enfance, subitement réapparu, et qui ne cessent d’être changeant.
Cette constante indécision pourrait parfois être agaçante. America reproche au Prince d’accorder ses faveurs aux autres Sélectionnées alors que ce dernier tente de donner une chance aux dernières participantes encore en lice, au cas où America déclinerait au dernier moment la couronne. Celle-ci se refuse encore et toujours à lui donner une réponse claire et définitive quant à sa volonté de l’épouser.
Malgré tout, elle ne se refuse pas une liaison secrète avec Aspen, au détour de couloirs et de passages secrets, envisageant encore un avenir alternatif, éloigné de la Sélection.
En bref, très chère America : « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais ! »
La question de la motivation des Renégats et de leurs exactions est également omniprésente en trame de fond de ce second volume.
Un extrait a particulièrement capté mon attention, illustrant une nouvelle fois combien cette saga était fondamentalement ancrée dans la réalité de notre société actuelle, même si son histoire est censée se dérouler trois cents ans dans le futur, sur les ruines des Etats-Unis d’Amérique qui, submergés par leurs dettes, furent envahis par la Chine, mais sauvés et reconstruits grâce à une insurrection, formant la nouvelle monarchie d’Illeà :

« Et peut-être que tu vas trouver ça grotesque, mais c’est mon pays. Tout ne fonctionne pas bien, c’est sûr, mais cela ne donne pas le droit à ces anarchistes de venir faire main basse dessus. » (p. 215)

Cette citation, aux accents universels, fait étrangement échos aux événements récents, qu’ils aient eu lieu en France, sur l’autre rive de la Méditerranée post-révolutionnaire et confrontée à l’obscurantisme, mais également aux attentats ayant frappé les Etats-Unis il y a quelques jours.
Ma note :
Retrouvez ma chronique vidéo de l’Elite, précédée de celle concernant la nouvelle numérique The Prince

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3 Responses to Kiera Cass, L’Elite (La Sélection #2)

  1. 4ème de couverture says:

    coucou !
    je viens régulièrement sur ton blog et ta chaîne que j’adore !! … et je ne laisse jamais de commentaire (honte à moi).
    je me lance dans la lecture de « l’élite » et je me suis précipitée ici pour lire ton avis. j’espère aimer autant que toi ce second tome !

  2. J'aime beaucoup cette saga. J'aimerai beaucoup lire le prince.

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