Marilou Aznar, La Disparue (Lune Mauve #1)

Marilou Aznar, La Disparue (Lune Mauve #1), éd. Casterman, mars 2013

Séléné Savel a appris à vivre tant bien que mal après la mystérieuse disparition de sa mère Iris, lorsqu’elle n’avait que 10 ans. Pour sa rentrée en Seconde, son père décide qu’il est temps pour elle de dire adieu aux paysages iodés de la Bretagne où elle a grandi, et d’intégrer le prestigieux lycée Darcourt, où l’élite parisienne règne en maître. Entre les intimidations gratuites d’adolescents riches et gâtés, et la quête de réponses quant à l’absence de sa mère, qui la mènera à redécouvrir une civilisation millénaire oubliée, Séléné nous entraîne dans une course effrénée pleine de rebondissements et où le lecteur n’aura guère le temps de reprendre son souffle. 

En bref : Séléné Savel a grandi en Bretagne, sur les bords des falaises où se déchaîne la mer, un paysage sauvage et indomptable, à son image. Depuis la disparition mystérieuse de sa mère, Iris, elle vit seule aux côtés de son père, un professeur de lettres obnubilé par ses recherches, et qui ne consacre guère de temps à son unique fille. Quelques jours avant sa rentrée en Seconde, Séléné apprend qu’elle va devoir dire adieu à sa terre adorée pour rejoindre Milou, sa grand-mère, et les riches quartiers parisiens. Elle intégrera à la rentrée le prestigieux lycée Darcourt, où l’élite de la capitale règne en terrain conquis. Survivre à cet environnement hostile relève de l’exploit, d’autant plus que la reine des abeilles se trouve être sa cousine Alexia d’Hauterive, dont les relations avec Séléné sont loin d’être au beau fixe.

Parallèlement à cette épreuve quotidienne, Séléné est soudainement rattrapée par le sombre passé de sa mère. Des étrangers tentent de s’attaquer à elle, mais que cherchent-ils exactement ?
Seul souvenir qu’Iris a laissé à sa fille avant de quitter sa vie : un tableau peint de sa main, et représentant un paysage marin, surplombé par une imposante lune mauve.
Séléné ne semble plus pouvoir trouver le repos, car même ses nuits sont ponctuées de rêves étranges. Des prêtresses, une étrange pyramide à degrés, un sombre pic rocheux mais surtout cette lune mauve omniprésente…
Des recherches la mèneront sur la piste d’une des plus anciennes civilisations ayant existé, à l’origine de la construction de ces ziggurats, ces pyramides à étages, mais également d’une des premières formes d’écriture complexe, le cunéiforme, langue dans laquelle de nombreux messages codés sont rédigés à destination de la jeune fille.
Mon avis : Une ode au dépaysement et à l’évasion, ce premier roman de la saga Lune Mauve se révèle très vite addictif. La plume de Marilou Aznar est d’une fluidité qui rend la lecture plaisante, si ce n’est poétique, par ses envolées lyriques fréquentes, mais jamais surfaites.
Ce roman était un pari risqué : mêler deux univers bien distincts, celui de l’élite adolescente parisienne dans le contexte d’un lycée privé, et la recherche d’une civilisation disparue, demande une grande maîtrise des sujets concernés. Le pari est relevé haut la main.
Le quotidien scolaire de Séléné, sans arrêt mis à mal par ses riches camarades friands de la voir rabaissée car elle n’appartient pas à leur milieu, ainsi que ses conséquences psychologiques parfois dramatiques, sont incroyablement bien restitués. Le lecteur peut ainsi se faire une idée de la difficulté d’évoluer dans un tel environnement. L’âge de l’adolescence est un cap souvent difficile à passer, mais la palme de la souffrance ne revient pas forcément aux lycées défavorisés. Les établissements privés ou accueillant des enfants gâtés et à qui leurs parents offrent tout sur un plateau d’argent sont souvent bien pires, surtout lorsque vous ne vous fondez pas dans ce moule très exclusif.
La question de la civilisation sumérienne est également très bien abordée par l’auteure, même si l’on attend encore beaucoup de réponses dans le tome suivant, où cette dernière aura l’occasion de bien plus s’attarder sur les détails de cet univers. Il me tarde de découvrir la suite et le développement de ce dernier point, ma formation archéologique me titillant d’impatience et de curiosité !
Là où Les Cendres de l’oubli (Phaenix #1) de Carina Rozenfeld, avait échoué à me transporter dans cet univers onirique et complexe, empreint de mythologie, Lune Mauve : La Disparue de Marilou Aznar remporte le match haut la main !
Ma note : 
Voici ma chronique vidéo pour ce livre :

This entry was posted in Fantastique, Historique, Romance, Young-Adult and tagged , , , , , . Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.