Y.S. Lee, Les Secrets du Palais (The Agency #3)

Y.S. Lee, Les Secrets du Palais (The Agency #3), éd. Nathan, mars 2013

(Titre original : The Agency – The Traitor in the Tunnel)

Ce troisième opus des enquêtes de Mary Quinn pour le compte de l’Agency, organisation secrète uniquement constituée d’agents féminins, est de mon point de vue le meilleur de la saga jusqu’à ce jour.
Vous pouvez également retrouver les chroniques des premier et deuxième tomes de cette série sur ce blog (les romans peuvent être lus séparément, mais certains personnages récurrents alimentent toutefois une trame continue tout au long de la saga).
Au service de sa Majesté la reine Victoria d’Angleterre, Mary intègre le personnel du Palais de Buckingham en tant que domestique, afin d’élucider le mystère de la disparition de multiples objets d’art de la collection de la souveraine. Mais lorsqu’un meurtre est perpétré en pleine nuit, venant faire planer l’ombre d’un attentat contre la famille royale, l’affaire initiale de Mary prend dès lors une toute autre ampleur… Jusqu’à y être impliquée personnellement.

En bref : Londres, Hiver 1860. Cela fait presque deux ans que Mary Quinn a rejoint l’Agency. Arrivée au terme de sa formation en tant qu’agent secret, elle est enfin propulsée sur une affaire de grande ampleur : la disparition d’objets de valeur au sein de la collection de la reine Victoria. Intégrée parmi le personnel du Palais de Buckingham en tant que domestique, son enquête semble s’éterniser sans trouver de véritable piste digne d’intérêt. Jusqu’à ce qu’un soir, le fils de la reine et futur roi d’Angleterre, Edward Albert, soit ramené en grande hâte et dans la plus grande discrétion au Palais par la Police de Londres, ayant échappé de justesse à un assassinat. N’ayant pas de nouvelles de l’Agency, Mary se lance en solo dans cette affaire au nouveau cours, car elle s’y voit bien plus impliquée qu’elle ne l’aurait souhaitée. Le compagnon de fête du prince a été tué lors de cette altercation, et le principal suspect, incarcéré à la tour, est un lascar chinois… portant le même nom que Mary avant que celle-ci ne le dissimule et ne l’échange contre celui de sa mère : Lang !
Son père, porté disparu en mer il y a des années de cela, et qu’elle croyait mort tout ce temps, serait-il encore en vie ?
Les tensions politiques entre les deux pays atteignant leur paroxysme, il est donc difficile d’imaginer une quelconque clémence à son encontre, même si ce dernier n’est pas le véritable assassin.

« Il ne faisait pas bon vivre en Angleterre pour les Asiatiques, ni pour aucun étranger d’ailleurs. Mais suite à l’agression de cet été et aux incidents sanglants entre l’Angleterre et la Chine, tempéraments et température étaient montés en flèche, surtout à l’encontre de la communauté chinoise de Londres. Pas officiellement du moins. Pourtant les troupes anglaises tuaient des Chinois, soldats comme civils, et les Chinois ripostaient. On parlait même de torture. Les atrocités perpétrées en Chine avaient des répercussions jusqu’à Limehouse, où pendant des générations les Asiatiques avaient vécu paisiblement, si ce n’est pacifiquement, avec leurs voisins anglais. On rapportait sans cesse de nouveaux conflits : on avait refusé de servir une Chinoise au marché, un oriental avait été attaqué par une bande de garçons, une herboristerie asiatique avait été incendiée. Les Anglais étaient profondément révoltés et certains y voyaient une excuse pour « se venger », comme si les autochtones de l’East End étaient responsables des actions de l’empereur de Chine. » (p. 38-39) 

L’enquête officielle sera-t-elle bâclée ou truquée, pour en faire un exemple, portant cette affaire sur la scène internationale ? 

« […] pour lui, Lang Jin Hai était le meurtrier, juste parce-qu’il était étranger, asiatique qui plus est. Mary connaissait bien sûr très bien ce genre de préjugé irrationnel. Les Anglais étaient généralement convaincus de leur supériorité, ce qu’elle accueillait avec un calme de surface. C’était aussi la raison pour laquelle elle n’avait jamais avoué son ascendance, de peur qu’on ne la voie plus que comme une « sale métisse ». Mais cette fois-ci elle fut blessée par ce racisme inconsidéré. Et le pire, c’est qu’elle savait tout à fait pourquoi : elle avait déjà envie de défendre Lang Jin Hai, sans même connaître la vérité sur son identité. » (p. 131-132)

ATTENTION SPOILER
(NE PAS LIRE SI VOUS N’AVEZ PAS LU LES PREMIER ET DEUXIÈME TOMES)
 
Au cours de cette troisième enquête, Mary retrouve une nouvelle fois, par le plus grand des hasards (ou par la force du destin ?) le fringant James Easton, qui se voit confier dans le plus grand secret les travaux de rénovation des tunnels menant aux égouts de Londres et passant sous le Palais royal. La relation d’amour-haine entre les deux personnages est une nouvelle fois mise à l’épreuve, pour le plus grand plaisir des lecteurs !

« C’était absurde. Une farce. Complètement grotesque de penser que, dans une ville d’un million d’âmes, elle croise sans cesse le chemin de cet homme-là. Dans un roman, elle n’y aurait pas cru une seule seconde. » (p. 53)

Un autre protagoniste déjà rencontré lors de la deuxième enquête de Mary, le Crime de l’horloge, refait surface : Octavius Jones, reporter pour le compte d’un journal à scandales, semble toujours en quête de scoops et n’hésite pas à employer des méthodes plus que discutables pour arriver à ses fins. 
Mon avis : Cette troisième enquête de Mary Quinn est de loin la plus rocambolesque et la plus divertissante des trois parues à ce jour. Le style est toujours aussi fluide et léger, en faisant un polar historique très accessible pour un lectorat dès l’âge de 12-13 ans, sans pour autant rendre le récit niais, pour le plus grand plaisir des lecteurs plus âgés ! On se délecte des mystères qui s’enchaînent, mêlant l’enquête principale de Mary à sa quête de vérité quant à son passé et à l’existence de son père. Le tout sans oublier ses amours hauts en couleur qui nous poussent parfois à vouloir la jeter dans les bras de son partenaire, contre sa volonté farouche !
Ma note :
Voici ma chronique vidéo de la saga comprenant les trois volumes jusqu’à ce jour (sans spoilers) : 

Cet ouvrage m’a été gentiment envoyé par le Service Presse des éditions Nathan, que je remercie pour m’avoir fait découvrir cette incroyable saga The Agency. Ne pouvant me résoudre à lire les tomes dans le désordre, j’ai alors fait l’acquisition des 2 premiers pour les lire et les chroniquer dans un ordre logique.
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2 Responses to Y.S. Lee, Les Secrets du Palais (The Agency #3)

  1. Bonjour,<br /><br />juste une petite question, il est possible de lire les tomes dans le désordre ?<br /><br />Merci 🙂

    • MissMymoo says:

      J&#39;ai répondu à cette question dans la vidéo attachée à l&#39;article, car tout dépend de ce qui t&#39;intéresse dans l&#39;histoire : uniquement l&#39;enquête policière ou l&#39;histoire et les relations entre les personnages 😉

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