Jérôme Attal, Pagaille monstre

Jérôme Attal, Pagaille monstre, éd. Stéphane Million, février 2010.

(Disponible aux éditions Pocket depuis février 2013)

« La première histoire d’amour dont vous serez peut-être le héros« 

Vous vous souvenez peut-être de ces romans de votre jeunesse, où vous maîtrisiez le destin de votre personnage principal en choisissant pour lui son chemin au fil des chapitres.
Jérôme Attal revisite, avec Pagaille monstre, ce genre atypique tombé en désuétude et l’offre comme un cadeau à ces enfants d’autrefois, aujourd’hui devenus adultes, à la façon d’une madeleine de Proust.

En bref : Vous incarnez un jeune étudiant en cinéma parisien, avide d’être reconnu par ses pairs pour le premier scénario d’un film de zombies dont il n’est pas peu fier. A la façon d’un jeu de plateau, vous débutez au chapitre 1, entraîné par un camarade de fac ultra populaire à une soirée étudiante où vous ne connaissez personne. Seul intérêt : les colocataires sont deux sœurs diamétralement opposées mais qui pourraient bien vous aider à percer, compte tenu de leurs relations avec la profession. Dès lors, les dés sont entre vos mains. Un débat passionné enflamme la discussion, quel parti prenez-vous ? Vous laissez-vous bercer par l’envoûtante demoiselle à peine rencontrée ou ne perdez-vous pas de vue le but de votre présence ici : votre manuscrit ? L’issue de ce roman ne tient qu’à vous.
Mon avis : L’idée de dépoussiérer ce type de roman-« jeu de rôle », tombé en désuétude et initialement consacré  aux enfants afin de les intéresser à la lecture est une bonne initiative. Parce que ces livres sont des instruments de plaisir, quel que soit notre âge, il serait dommage de priver une tranche d’âge d’un genre ou d’un format particulier sur les bases de simples à priori.
Malheureusement, la trame de l’histoire en question est très, peut-être trop, légère. Un jeu de rôle ne devrait pas servir de prétexte à une histoire manquant de profondeur. Ceci n’est que mon avis personnel mais il m’a semblé que l’histoire, qu’importe les choix que l’on faisait, manquait cruellement de sens. Tout ne se résume qu’à un simple jeu sur papier relié.
Cet exercice doit être doublement complexe à élaborer et je n’en connais pas les secrets pour porter un jugement sans appel. Toutefois, durant mon « aventure », je me suis plusieurs fois sentie perdue, comme si certains chapitres supposés être reliés ne s’imbriquaient pas tout à fait entre eux. Il manquait parfois des informations ou je devais revérifier que mon choix précédent me menait bien à cette nouvelle étape. Le tout pour achever mes tribulations sur une fin dont je n’étais pas certaine moi-même… Le chapitre en question m’intimant de quitter le bar où je me trouvais, en oubliant ce livre sur le comptoir… sans aucune indication vers un chapitre suivant. J’en déduisais qu’il était temps pour moi de quitter le jeu, mon « game over » ayant retenti à demi-mots, non sans un fort sentiment d’inachevé et d’incompréhension.
Ma note :
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2 Responses to Jérôme Attal, Pagaille monstre

  1. Shousoun says:

    Je compatis, cela doit être trop frustrant, d'avoir terminé la lecture d'un livre, sans savoir si c'est vraiment la fin de l'histoire. Est-ce une porte ouverte pour une suite ? Il serait fort intéressant d'avoir une mise au point de l'auteur, par l'intermédiaire de l'éditeur. Y a-t-il quelqu'un qui a lu ce livre au Comité de lecture, avant d'avoir pris la

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