Frédéric Lenormand, Meurtre dans le boudoir (Voltaire mène l’enquête #2)

Frédéric Lenormand, Meurtre dans le boudoir (Voltaire mène l’enquête #2), éd. JC Lattès, 2012

De mystérieux décès dans un contexte sulfureux agitent les milieux de la bonne société parisienne. Le lieutenant général de police René Hérault rechigne une fois de plus à mener l’enquête par lui-même. Grande chance, Voltaire est de nouveau sur le point de faire paraître des écrits subversifs… Un bon moyen de pression sur le pauvre philosophe, une fois de plus embarqué malgré lui dans cette investigation des plus originales.

En bref : Un riche bourgeois de province est retrouvé mort dans une maison close de luxe, en apparence empoisonné…. Un recueil de nouvelles grivoises aux connotations orientales aurait inspiré le mort dans le choix de ses plaisirs tarifés. Seul hic, l’ouvrage demeure introuvable. Le lieutenant général Hérault, dépassé par la médiatisation de cette affaire, ne paraît plus maîtriser la situation et cherche quel esprit aiguisé pourrait se frayer un chemin dans ce curieux labyrinthe.

« Il lui fallait un homme que les charmes des ensorceleuses ne désarçonneraient pas ; un personnage doté d’une impassibilité quasi philosophique ; en somme une chimère, un monstre, un être à part, insaisissable, étonnant, imprévisible, rien de ce qu’il employait dans les bureaux de sa lieutenance.
Il arracha son commissaire à une inspection des commodes remplies de dentelles et de rubans arrangés en garnitures.
– Tamaillon, savez-vous à quelle activité illicite se livre Voltaire, ces jours-ci ?
– On dit qu’il se meurt, monseigneur.
Hérault résolut de le faire ressusciter  et même avec des coups de pied au derrière s’il en était besoin. » (p. 22)

Mon avis : Nous retrouvons donc la fine équipe entourant Voltaire, composée de son fidèle abbé Linant qu’il entreprend d’éduquer à la littérature érudite, ainsi que sa vaillante Emilie, toujours friande de science et de pompons…
Ce deuxième tome de Voltaire mène l’enquête se révèle un peu plus poussif que le premier. Voltaire semble plus obnubilé par la parution de ses Lettres anglaises, très virulentes vis-à-vis du pouvoir en place, que de l’enquête en lui-même. L’auteur nous faire parfois sourire lors des remarques cyniques de son personnage, mais qui se font beaucoup trop rares en comparaison du premier tome, La Baronne meurt à cinq heures.

« – Mais je ne dois pas oublier mon Osiris.
C’était un projet d’opéra égyptien à chanter de profil.
– Oui, voilà, dit Emilie. Faites donc cela. Vous aurez moins à craindre des prêtres d’Osiris que de ceux d’aujourd’hui. » (p.39)

En résumé, l’enquête pourrait être très intéressante, si elle n’était pas parsemée de longueurs, de digressions sur les affaires personnelles de Voltaire qui nous font oublier l’affaire principale jusqu’aux derniers chapitres.
Ma note :
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