Edward Kelsey Moore, Les Suprêmes

Edward Kelsey Moore, Les Suprêmes, éd. Actes Sud, 2 avril 2014

(Titre original : The Supremes at Earl’s All-You-Can-Eat)

Dans la petite ville de Plainwiew, Indiana, aux Etats-Unis, trois femmes afro-américaines de la cinquantaine se retrouvent au restaurant Chez Earl depuis leur rencontre à l’adolescence, se soutiennent dans les épreuves de la vie et se remémorent le bon vieux temps.

En bref : Odette n’a pas sa langue dans sa poche, Clarice s’évertue à être une femme et une mère de famille parfaite comme l’éducation de sa mère lui a inculquée. Quand à Barbara Jean, la plus éclatante et séduisante des trois, les hommes ne cessent de se retourner sur son passage.
La cinquantaine passée, les trois femmes, amies depuis l’adolescence dans les années 60, se donnent toujours rendez-vous dans le même restaurant, Chez Earl, initialement tenu par Earl en personne, puis par son fils, Little Earl, afin de perpétuer la tradition familiale. Le trio, que l’on surnomme Les Suprêmes, en référence au groupe de chanteuses noires des années 70, est toujours aussi soudé et aime à se remémorer les épreuves qu’elles ont traversé ensemble au fil des ans.

« Cela faisait presque quarante ans – depuis le temps où l’on avait commencé à les surnommer « les Suprêmes » – que Clarice et ses amies se retrouvaient Chez Earl à cette même table devant la baie vitrée. A l’époque, Little Earl avait un béguin monstre pour chacune d’entre elles, et il avait tout fait pour les séduire en leur offrant des Coca et du poulet frit à volonté. » [p. 28]

Ces quinquagénaires ont grandi ensemble, se sont mariées et ont élevé leurs enfants, qui ont maintenant quitté le foyer. C’est une nouvelle étape de leur existence qu’elles entament, leurs maisons à présent vides, il leur est nécessaire de trouver une nouvelle approche à leur vie moins encombrée, réapprenant à vivre aux côtés de leurs époux sous un nouveau jour.
On comprend très vite que des cadavres hantent les placards de certains personnages, mais il nous faudra être patient pour en découvrir la véritable nature.
Mon avis : Ce roman de souvenirs appelle au calme et à la détente. Le lecteur est plongé dans l’univers des trois Suprêmes, chacune ayant à faire face à ses vieux démons. Le passé resurgit au fil des pages. L’auteur nous fait comprendre que de lourds secrets ont entaché l’existence d’Odette, Clarice et Barbara Jean, mais il est nécessaire de se laisser entraîner dans la machine à remonter le temps de leurs souvenirs, afin de découvrir petit à petit le fin mot de l’histoire. On ne devient que plus attaché à ces personnages forts en caractère et aux tempéraments si différents les uns des autres.
Racisme, ségrégation, mais également maladie, adultère, prostitution et grenouilles de bénitiers se mêlent pour concocter un savant mélange détonnant qui éprouvera nos héroïnes de façons très particulières.
Les Suprêmes d’Edward Kelsey Moore est un roman touchant, mettant en scène des personnages auxquels on ne peut s’empêcher de s’attacher. Dans la lignée de La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett, vous ne regretterez pas cette plongée dans l’histoire de l’Amérique noire depuis les années 60 jusqu’à nos jours, vue au travers des existences tourmentées des trois héroïnes de ce livre.
Edward Kelsey Moore signe ici son premier roman et travaille actuellement à une suite. Dépêchez-vous de lire cet ouvrage avant qu’une adaptation cinématographique n’en soit tirée, ce qui me paraît incontournable, tant ce roman ferait un superbe film.
Ma note :
Je tiens à remercier les éditions Actes Sud pour m’avoir fait parvenir cet ouvrage.
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6 Responses to Edward Kelsey Moore, Les Suprêmes

  1. Pingback: Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore | Potins sur les Bouquins

  2. Exquimots says:

    Un très bon roman, qui a été mon coup de coeur :)

  3. Isabelle says:

    Ce livre bourré d&#39;humour est un hymne à la vie, à l&#39;amitié, à la résilience. Et que de crises de rire dans mon lit en le lisant! A lire absolument.<br />En le refermant, je n&#39;ai eu qu&#39;un regret: ne pas avoir la chance de connaître une telle amitié.

  4. shousoun says:

    Décidément, c&#39;est dans l&#39;air du temps, de ressortir les histoires de cette période des Etats-Unis, pour se remémorer qu&#39;il n&#39;y a pas si longtemps, &quot;le rêve américain&quot; de notre vieille Europe, n&#39;était pas tellement le pays des rêves pour certains ! J&#39;ai très envie de le lire. Encore un livre recommandé par &quot;UnJour,UnLivre&quot; qui va se retrouver sur ma pile

  5. Pauline says:

    Je m&#39;imaginais tout le livre comme un film…

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