Catherine Hermary-Vieille, George Sand, Les Carnets secrets d’une insoumise

Catherine Hermary-Vieille, George Sand, Les Carnets secrets d’une insoumise, XO éditions, 6 novembre 2014.

Cette chronique est le fruit d’un partenariat de rédaction avec Chantal du blog On ne lit jamais trop qui fait ses débuts sur la blogosphère (et que je vous invite à aller suivre de plus près).
A sa mort, George Sand, écrivain et figure emblématique du féminisme au XIXe siècle, lègue ses carnets intimes à sa fille Solange, afin qu’elle les brûle. La jeune femme ne peut s’empêcher de les lire, et malgré sa relation complexe avec sa mère, de découvrir qui était réellement sa mère.

En bref : Solange, se retrouve seule à Nohant, la propriété de George Sand sa mère, qui vient d’être enterrée. Nous sommes en juin 1876. Avant de fermer les yeux, elle lui a confié une mission, brûler trois carnets dans un coffret en bois de santal. Son journal intime qui ne doit pas être publié.

« Nohant, juin 1876 – C’est une lettre écrite par maman que je vais lire en premier. Elle est posée au-dessus des trois gros cahiers intitulés Carnets à détruire après ma mort. Je dispose de quelques jours pour en prendre connaissance. » [p. 9]

Nous allons assister à un dialogue entre la mère qui se livre dans ses cahiers, et Solange, la fille, révoltée, dans sa jeunesse, parce que bien souvent malheureuse et incomprise. Devant dès son plus jeune âge, se partager entre sa mère et son père.
Les révélations sur sa vie intime, ses affections, ses amours, ses passions, les trahisons et les souffrances, les déchirements aussi.
La séparation douloureuse d’avec le baron Dudevant, son mari, pour arriver au divorce. Une situation peu commune au XIXe siècle, pour une femme, travailler pour assumer sa vie et la charge de ses deux enfants dont elle a pu enfin obtenir la garde.
Maurice, son frère lui paraissait être mieux aimé, parce que plus docile,

« A la différence de Maurice, qui vivait dans son ombre, je ne faisais pas parti de son monde.  Mon frère aurait pu être un bon peintre, un écrivain de talent, un grand metteur en scène de théâtre. Il ne fut que le fils de George Sand. Pour fuir maman, je me suis mariée  trop tôt ; j’ai raté ma vie. » [p. 91] 

Une situation peu commune pour Solange, qui se sent mal à l’aise :

« Les pages du carnet lues la veille et ce matin, me trottent encore dans la tête. Je suis sens dessus dessous. La lecture de passages aussi intimes des carnets de maman me procure l’impression d’être une voyeuse qui épie à travers  le trou d’une serrure. » [p. 103]

George Sand, à qui l’on prête maintes relations amoureuses, n’était-elle pas en fait qu’à la recherche d’un homme, un vrai sur qui elle puisse se reposer, qui soit capable de remplacer aussi cette présence d’un père qu’elle n’avait que si peu connu, puisqu’il était soldat suivant les campagnes napoléoniennes, mort trop jeune d’un accident de cheval près de Nohant ! La peur de se retrouver seule, à Nohant, dans cette grande maison, responsable de tout, comme un chef d’entreprise. En fait, elle était surtout une infirmière, parfois une seconde mère, pour ses amants si jeunes bien souvent. Ses confidences en font parfois la confession, une femme bien trop souvent déçue.
Mon avis : George Sand, Les Carnets d’une insoumise, est un livre au parfum de nostalgie, qui retrace de façon originale, à quatre mains, un peu comme une pièce de piano, une histoire qui aurait pu être plus heureuse. Mais on ne peut réécrire le passé.
Il faut connaître la vie de George Sand, pour apprécier comme il se doit ce livre. L’histoire semble coller à la vérité, on y retrouve les faits marquants de la vie de l’auteure.
Pour les novices toutefois, cela peut être un excellent prétexte pour se documenter et faire sortir de l’oubli ce monument de notre littérature. Est-ce parce qu’elle était femme dans ce milieu tellement masculin ?
Nous noterons malgré tout la mise en forme du roman, qui est assez déconcertante. Il s’agit en effet d’un récit d’un seul jet, constitué de 380 pages où se mélangent le discours de Solange et les extraits de carnets, sans titre de chapitre afin de se repérer dans le temps. Nous aurions apprécié une séparation des principales parties du livre en chapitres, afin d’en alléger la lecture.

Ma note pour ce livre (entre 1 et 5 étoiles) :

Je remercie les éditions XO de m’avoir fait parvenir cet ouvrage.

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3 Responses to Catherine Hermary-Vieille, George Sand, Les Carnets secrets d’une insoumise

  1. Aubépine says:

    Ce livre ne me tente pas trop, peut être parce que je suis une fan absolue de George Sand et qu&#39;on a tellement écrit sur elle, ses passions etc…<br />On ne connaît d&#39;elle que ses romans champêtres, mais il faut absolument découvrir ses autres grands romans, comme Consuelo, Lélia ou encore Indiana. Et, selon moi, c&#39;est par ces oeuvres monumentales qu&#39;on peut découvrir qui était

  2. Aubépine says:

    Ce commentaire a été supprimé par l’auteur.

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