Andrea Portes, Anatomie d’une fille à l’ouest

Anatomie d'une fille à l'ouestAndrea Portes, Anatomie d’une fille à l’ouest, éd. Michel Lafon, 15 mai 

(Titre original : Anatomy of a Misfit)

Anika Dragomir se classe troisième dans l’ordre des filles populaires de son lycée. Ce n’est pas si mal, excepté qu’elle doit faire avec Becky, la numéro un, une vrai terreur. Mais Anika n’est pas comme elle. Elle aimerait tant se libérer de ce joug, et pouvoir fréquenter le garçon qu’elle aime, même si celui-ci est un « naze » selon les critères établis par Becky.

En bref : Anika Dragomir a un nom assez unique, surtout pour une habitante du Nebraska. Son père est un vampire, enfin c’est ce qu’elle aime à penser… Elle est à moitié roumaine, et de fait, ne ressemble pas aux standards de son lycée. Anika a toutefois « la chance » d’être protégée par la fille la plus populaire de l’établissement, Becky. C’est une vraie peste, qui aime lancer des rumeurs sur les autres élèves pour en rire à leurs dépends.
Anika est tiraillée entre sa position sociale, et ses sentiments naissants envers un élève considéré comme un « nase » par la reine Becky. En apprenant à le connaître dans le plus grand secret, Anika se rend compte que Logan est une personne en or. Mais sa relation est maudite, jamais elle n’oserait afficher au grand jour cette idylle. Becky lui rendrait la vie infernale.

« – Et si on démarrait un nouveau groupe de copines ?
– T’es folle ? Becky va nous CRUCIFIER. Et qui voudrait devenir copines avec nous ? Sans doute personne.
– Il y a forcément quelque chose à faire.
– Ecoute, si on contrarie Becky… oublie ça. Elle va se retourner contre nous et ce sera genre pervers. Tu sais bien. Il ne s’écoulera pas deux secondes avant que je sois carrément transformée en prostituée, et toi, tu seras genre… une négresse. » [p. 35]

Mon avis : Anatomie d’une fille à l’ouest est un roman très jeunesse, écrit du point de vue d’une adolescente de 15 ans et qui parle comme telle. Attention aux mots très crus, cela peut surprendre, de même que le vocabulaire « parlé » qui est assez déstabilisant de premier abord. Malgré tout, cela rend la narration de l’histoire très crédible. Le lecteur est dans la tête d’Anika et se rappelle de la même façon ce qu’il éprouvait quand il avait son âge, dans ce type de situation.
Andrea Portes aborde les sujets qui préoccupent les adolescents au quotidien, comme les relations, la popularité, le regard des autres, mais aussi les changements qui se produisent dans leur vie, comme par exemple les règles pour les filles.

« Chaque fois qu’on doit faire un truc hyper dur comme une course de six cents mètres, grimper à la corde ou sauter par-dessus un gratte ciel en un seul bond genre Superman, chaque fois, j’y coupe pas, j’ai mes règles. Et c’est même pas un petit jour comme le quatrième ou le cinquième, non, ça tombe le premier ou le deuxième, quand on pourrait presque vous emmener aux urgences.
Enfin quoi, qui a envie de se taper un six cents mètres quand il se vide quasiment de son sang et qu’il a l’impression que tout le monde lui colle des coups de poing dans le dos ?
Et la corde ? On oublie tout de suite. Non, mais vous imaginez ? Je me souviens de cette fille en quatrième, Carla Lott, qui a eu ses règles pour la première fois dans un short blanc et il y avait des fuites, et tout le monde l’a su. Tout le monde ! Depuis ce jour, elle est devenue Carla Ragnagna ! Ça fait des années.
Et puis je vais vous dire un truc. Toutes les filles, toutes les filles que vous avez jamais rencontrées ont la trouille, LA TROUILLE, que ça leur arrive. Toutes, je vous dis. Même Becky. C’est pas juste. Les mecs n’ont pas ce genre de problème. Je veux dire, s’il existait une justice dans ce monde, on ne devrait même pas être obligées d’aller en cours pendant nos règles. On resterait simplement chez nous pendant cinq jours à ce bourrer de chocolat et à chialer. » [p. 70-71]

Anatomie d’une fille à l’ouest peut paraître comme un roman léger, mais il aborde le thème du harcèlement scolaire et de ses conséquences, avec force surtout dans la deuxième partie du livre. Les 100 dernières pages sont d’une puissance, qui vous vrille l’estomac et vous serre le cœur. Vous refermez ce roman et vous n’êtes plus tout à fait la même personne, car cette histoire vous marque, avec force.

Ma note :

Fourstars1

Cet ouvrage m’a été envoyé dans le cadre de mon partenariat avec les éditions Michel Lafon, que je remercie encore pour leur confiance.

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