Cité 19 (tome 1) de Stéphane Michaka

Cité 19Stéphane Michaka, Cité 19 (tome 1), éd. Pocket Jeunesse, novembre 2015

En enquêtant sur la disparition mystérieuse de son père, une jeune fille se retrouve projetée dans le Paris du XIXe siècle. 

En bref : Le père de Faustine, responsable de la surveillance du musée d’Orsay, est retrouvé gisant au pied de la tour Saint-Jacques. Pourquoi aurait-il sauté ? La police contacte la jeune fille pour identifier le corps de son père, mais celle-ci ne le reconnait pas. Elle garde le silence mais décide de mener l’enquête de son côté. Passionnée par l’Histoire et tout particulièrement par le XIXe siècle, Faustine a grandi dans une famille où la connaissance de cette époque était reine. Alors qu’elle tente de découvrir ce qui est réellement arrivé à son père, Faustine bascule mystérieusement dans ce qui semble être une brèche temporelle. Elle reprend connaissance, entourée de gens costumés, et découvre un Paris totalement différent de celui qu’elle arpente tous les jours. Après quelques minutes de doute, Faustine doit se faire à l’évidence : elle a été projetée dans le Paris du XIXe siècle. Cela expliquerait-il ce qui est réellement arrivé à son père et pourquoi ce n’était pas son corps retrouvé au pied de la tour ? Faustine est déterminée à faire la lumière sur ce mystère, quoi qu’il lui en coûte, mais la jeune fille n’est pas au bout de ses surprises…

« Elle ne doutait pas de la réalité de ce qu’elle voyait. Cette ville existait dans ses moindres détails. Du bouton de redingote à la crinière des chevaux.
Puisque ce Paris-là était en tout point identique à celui du XIXe siècle, puisqu’il ne pouvait être une projection de son esprit (jamais elle n’aurait su le reconstituer avec une telle précision, même en rêve), il ne restait qu’une seule possibilité…
Elle la trouvait terrifiante.
« Un voyage dans le temps… » » (p. 90)

Mon avis : Si j’ai trouvé les soixante premières pages de ce roman assez longues à entrer dans le vif du sujet, dès lors que Faustine fait son bond dans le temps, tout s’accélère et le lecteur est projeté avec elle au coeur d’une enquête dont les rebondissements sont légion. Le premier tome de Cité 19 est un tour de force, et l’auteur semble prendre un malin plaisir à jouer avec notre imagination mais surtout avec nos nerfs. Accrochez-vous, car vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Si vous pensiez lire un simple roman historique, quelle ne serait pas votre surprise lorsque vous entamerez la seconde moitié du roman, puisque vous basculerez dans un genre littéraire totalement différent, et complètement inattendu !
Par ailleurs, il faut reconnaitre que Stéphane Michaka nous balade littéralement dans le Paris du XIXe siècle, recréant les ambiances historiques avec brio et une grande fidélité scientifique. L’auteur parvient à insérer des éléments culturels sur l’époque dont il traite, qui n’alourdissent pas le récit et contribuent à enrichir la connaissance du lecteur sur cette époque de l’Histoire.

« Faustine baissa les yeux sur les pavés de la cour.
– Comment ai-je fait pour me retrouver dans le Paris d’Haussmann ?
Le nom d’Haussmann, pour Faustine, évoquait toute une époque : le Second Empire. C’était au baron Haussmann que Paris devait ses boulevards et ses jardins publics. Lorsqu’il avait pris ses fonctions de préfet, la capitale ressemblait à une ville du Moyen Âge. Les façades étaient jaunes et noires, décrépies par l’humidité et la suie. Les rues étaient des dédales, des impasses, des goulets. Paris étouffait. Sans parler des légions de microbes qui remontaient de ses égouts. Haussmann avait tout transformé. Quatre-vingt mille ouvriers, quarante mille immeubles, mille deux cents hectares de chaussées et de trottoirs. A coups de pioche, le baron avait remporté la plus grande bataille de son temps : celle du boulevard contre le coupe-gorge, du solide contre le vermoulu, du neuf contre le vieux. » (p. 85) 

Il me semblait important de le préciser, car le roman historique est encore trop peu représenté dans la littérature Young Adult (Cité 19 m’a beaucoup rappelé Belle Epoque d’Elizabeth Ross sur ce point), cela mérite de le mentionner, spécialement lorsque la véracité historique est respectée. Point doublement positif, il s’agit d’un roman historique français, et cela est encore plus appréciable : soutenons nos auteurs, surtout quand ceux-ci ont un réel talent et une grande rigueur de travail !
Cité 19 aborde également un sujet important et dont il n’est pas souvent question dans les romans young-adult : la question de la sexualité trans-genre. Faustine va mener une enquête de premier plan dans le Paris du XIXe siècle, alors que la place de la femme à cette époque est loin d’être enviable. Faustine se transforme donc en Faustin, et se fond de plus en plus dans son nouveau personnage, au point d’en apprécier sa nouvelle identité masculine.

« Dans ce Paris-là, où les femmes étaient cantonnées dans un atelier sous les ordres d’un contremaître, ou dans un logis sous l’autorité d’un mari, Faustine ne voulait même pas être une fille.
Pour retrouver son père, elle devait garder sa liberté de mouvement. Car dans cette cité où s’envolaient toutes ses certitudes, il lui en restait une à laquelle elle se cramponnait : son père l’avait précédée ici. » (p. 100)

Vous l’aurez donc compris, j’ai été totalement captivée par Cité 19 de Stéphane Michaka : je ne peux donc que vous recommander chaudement de découvrir ce premier tome, avant que le second ne paraisse au mois de mars (vivement !).

Ma note :

FiveStars

Merci aux éditions Pocket Jeunesse pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

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2 Responses to Cité 19 (tome 1) de Stéphane Michaka

  1. morais says:

    Bonsoir, je viens de finir en deux jours, que du bonheurs. Merci pour vos conseils de lecture. J ai plus de 40 ans et j aime beaucoup ce que vous faites. Continuer. Bisous

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