Les Fauves, d’Ingrid Desjours

Les FauvesIngrid Desjours, Les Fauves, éd. Robert Laffont (coll. La Bête Noire), octobre 2015

Haiko dirige une association qui sauve des jeunes filles embrigadée par les fanatiques de l’Etat islamique. A la demande de leur famille, elle les enlève pour les mettre à l’abri. Jusqu’au jour où les djihadistes la menacent directement. Elle doit donc prendre un garde du corps. 

En bref : Haiko est une jeune femme dirigeant une association qui a pour but de sauver des jeunes filles embrigadées sur internet par l’Etat islamique. Sur demande de leur entourage, elle intervient avec son équipe pour les enlever et les mettre à l’abri, avant leur départ pour la Syrie.
L’activité d’Haiko devient de notoriété publique, et elle s’attire rapidement les foudre des djihadistes, au point d’être directement visée par une fatwa sur sa tête. La famille d’Haiko engage un garde du corps pour la protéger, même si la jeune femme affirme qu’elle peut parfaitement s’occuper d’elle-même. Très vite, malgré la présence de Lars, à qui elle ne rend pas la tâche facile, les menaces vont crescendo.
De son côté, Lars a beaucoup de mal à cerner sa cliente. Il tente d’en dresser le profil psychologique, mais de nombreuses zones d’ombre entourent Haiko. Ses motivations sont-elles aussi louables qu’elle veut bien le proclamer dans chacune de ses interviews télévisées ?

Mon avis : Les Fauves est un nouveau roman coup de point, savamment concocté par Ingrid Desjours. Rédigé après les attentats de janvier 2015, Les Fauves reprend notamment toutes les controverses ayant éclaté après ces tragiques événements : le choc, mais également les théories du complot, et les réactions félicitant les auteurs de ces actes barbares.
On ne peut rester insensible à la lecture des retranscriptions de ces textes, car ils sont le reflet de la réalité du paysage français aujourd’hui. Personne n’est tout blanc ou tout noir dans Les Fauves. Même Haiko, qui se dresse comme le rempart au départ d’innocentes jeunes filles vers la Syrie, semble cacher bien des secrets. Son garde du corps, Lars, a lui aussi un passé chargé. Ancien militaire, il fut torturé et n’en est jamais ressorti le même.
On plonge dans la lecture du roman Les Fauves pour ne pas en ressortir tout à fait indemne. Il remue beaucoup d’émotions, retourne le couteau dans une plaie encore à vif après les attentats de novembre 2015…
Les Fauves d’Ingrid Desjours fait partie de ces livres au message fort et à l’écriture puissante et sans concessions, qu’il faut avoir lu ne serait-ce que par sursaut citoyen… mais aussi pour apprécier l’intrigue d’un savant polar, résolument pas comme les autres.

Ma note :

Fourstars1

Merci aux éditions Robert Laffont (La Bête Noire) pour m’avoir permis de lire ce livre.

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4 Responses to Les Fauves, d’Ingrid Desjours

  1. nbs says:

    J’ai hâte de découvrir le nouveau déjours surtout si elle y parle des attentats de 2015 !

  2. Aniouchka says:

    J’avais entendu parler de ce livre à sa sortie, il faudra un jour que je lise Ingrid Desjours. Malheureusement, vu le timing, je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur a surfé sur l’actualité pour sortir un roman en à peine 9 mois, ce qui n’augure pas toujours d’une bonne qualité. J’espère me tromper. Je le lirai peut-être si je tombe dessus un jour, quand il sera sorti en poche.

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