La Pâtissière de Long Island, de Sylvia Lott

La Pâtissière de Long IslandSylvia Lott, La Pâtissière de Long Island, éd. Piranha, 19 mai 2016

(Titre VO : Die Glücksbäckerin von Long Island)

En 1932, Marie est éloignée de l’homme qu’elle aime par son père qui la force à quitter l’Allemagne pour s’installer avec ses frères aux Etats-Unis.
Au début des années 2000, Marie invite son petit frère resté en Allemagne à lui rendre visite, accompagné de sa petite-fille. Les deux femmes vont échanger leurs expériences de vie et peut-être remettre en perspective les problèmes qui ont miné leurs existences.

En bref : Au début des années 1930, la jeune Marie ne connaît que la province sauvage de la Frise orientale, cette contrée reculée au Nord-Est de l’Allemagne. Elle fait ses premiers pas dans le monde des adultes, alors qu’elle est à peine sortie de l’adolescence. En apprenant la couture à de jeunes filles de l’école locale, elle fait la connaissance d’Arthur, un enseignant un peu plus âgé. L’amour s’empare d’eux et la rumeur de cette idylle naissante se propage dans les villages alentours. Très vite, la nouvelle arrive aux oreilles du père de Marie, et cela ne lui plaît pas du tout. Arthur est protestant, alors que la famille de Marie est catholique. Cet écart de culture suffit à lui faire prendre des mesures drastiques pour séparer les deux jeunes gens. Marie est envoyée par le premier paquebot vers les Etats-Unis où elle rejoindra ses deux frères plus âgés qui y sont déjà installés.
Arrivée à Brooklyn, Marie a toutes les peines du monde à s’adapter à cette nouvelle vie galopante, à mille lieues de l’existence qu’elle a toujours connue en Frise orientale. Mais l’Amérique, qui connaît pourtant une importante crise économique, reste toujours la promesse d’un avenir brillant pour qui s’en donne les moyens. Elle exerce donc ses talents de pâtissière dans le restaurant familial, et régale les clients de son fameux et bientôt célèbre cheesecake, dont tout le monde vante les propriétés extraordinaires, à la limite de la magie.
Dans les années 2000, des décennies plus tard, Marie est désormais une femme âgée et son petit frère resté en Allemagne lui manque. Elle l’invite à lui rendre visite chez elle aux Etats-Unis, pour le revoir une dernière fois. Ce dernier saute sur l’occasion pour découvrir ce pays qu’il n’a jamais pu visiter mais dont on lui a tant parlé. Sa petite-fille Rona l’accompagne. Rona est en pleine crise existentielle. Elle vient d’être licenciée et son compagnon la trompait.
La rencontre entre Marie et Rona va faire remonter à la surfaces bien des souvenirs enfouis depuis des décennies, des moments durs, mais riches en enseignements, mêlant la petite et la grande histoire.

Mon avis : La Pâtissière de Long Island pourrait s’apparenter à un roman historique, car il est divisé en deux types de chapitres. On suit alternativement la vie de Marie dans les années 1930, et celle de Rona dans les années 2000. Lorsque les deux femmes se rencontrent, Marie sent que Rona est perturbée par bien des soucis. C’est en lui racontant l’histoire de sa vie qu’elle lui apporte les clés pour l’aider à résoudre ce qui la tracasse.
Par ailleurs, La Pâtissière de Long Island aborde également des sujets plus sombres. Lorsque Marie quitte l’Allemagne, son pays est en pleine transformation idéologique. Les mentalités changent avec la monté du nazisme. Cela se ressent dans sa correspondance avec Arthur, son grand amour contrarié, qui est resté au pays, et qui sombre progressivement dans un nationalisme extrémiste.
Marie avait également hérité de la recette de son fameux cheesecake de sa tante Frieda, la soeur de son père qui avait également été bannie de la famille car elle avait fait l’audacieux choix d’épouser un riche marchand juif de la grande ville. En rencontrant Rona et en faisant remonter à la surface tant de souvenirs et notamment celui de l’origine du cheesecake, Marie est prise de remords car elle ignore ce qu’est devenue Frieda durant la guerre. C’est notamment sur ses traces, et donc sur les traces du cheesecake, que Rona va se lancer à son retour en Allemagne.
Cela lui permettra-t-il de trouver les réponses aux interrogations de Marie, mais également de redonner un sens à sa propre vie ?
J’ai bien aimé ma lecture de La Pâtissière de Long Island, même si j’étais pour le moins décontenancée en découvrant que la Frise orientale était une région de l’Allemagne. Je ne m’attendais pas à lire une histoire ayant en partie pour sujet cette région du monde, qui est un pays dont j’ignore beaucoup de choses hormis les grands faits historiques connus de tous. Néanmoins, cela fut une lecture intéressante.
Sylvia Lott parvient, en mêlant deux périodes historiques, à nous interroger sur les similitudes de la vie des femmes, des soucis qu’elles rencontrent encore aujourd’hui, mais également des problèmes plus larges de tolérance qui redeviennent tristement d’actualité de nos jours.
Malgré tout, j’ai trouvé que ce roman comportait peut-être trop de longueurs. Certains faits établis nous sont répétés encore et encore, alors que le lecteur les a parfaitement assimilés et qu’il attend une évolution de la situation des personnages qui tarde parfois à venir.
La Pâtissière de Long Island est donc un roman assez singulier, avec ses quelques petits défauts, mais que je ne regrette pas d’avoir découvert.

Ma note :

Fourstars

Merci aux éditions Piranha pour m’avoir permis de lire ce livre.

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4 Responses to La Pâtissière de Long Island, de Sylvia Lott

  1. J’avoue que je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai pris en librairie…pour le reposer (côté raisonnable « non Solène ta PAL déborde déjà assez comme ça).
    Je pense que s’il sort en poche par contre, je ne vais plus hésiter très longtemps !

  2. Camilla says:

    Ta chronique me donne très envie de lire ce roman ! 🙂

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