La Faucheuse (tome 1), de Neal Shusterman

La FaucheuseNeal Shusterman, La Faucheuse (tome 1), éd. Robert Laffont (Collection R), à paraître le 16 février 2017

(Titre VO : Scythe, The Arc of a Scythe #1)

Dans un futur très lointain, l’humanité a trouvé la solution à tous les maux, même à la mort. Mais la population ne cesse de croître. Pour la réguler, une communauté de faucheurs a été constituée. Leur but : glaner un nombre défini de personnes de façon aléatoire afin de contenir la population mondiale. Les faucheurs ont le pouvoir de vie et de mort sur chacun, ils se doivent donc d’être irréprochables. Mais que se passerait-ils si certains d’entre eux prenaient plaisir à donner la mort ?

En bref : Dans un millier d’années, l’homme sera parvenu à vaincre la mort. La connaissance universelle sera rassemblée dans un Cloud surpuissant appelé le Thunderhead, qui veillera sur la population, mettant ainsi fin au règne des politiciens corrompus. Toute maladie sera éradiquée, les crimes de l’histoire ancienne, et les accidents mortels nous conduiraient dans des centres de résurrection qui nous remettraient sur pied en quelques jours seulement. L’homme n’aurait plus qu’à profiter de son existence sans se soucier du temps qui passe. Mais la population mondiale ne cessant de croître, une communauté de faucheurs est donc constituée dans le but de recréer des quotas d’hommes et de femmes à glaner chaque année, afin de restaurer un équilibre sur notre planète.

« Et ce n’est pas comme si nous pouvions aller ailleurs – les tentatives désastreuses de coloniser la Lune et la planète Mars en sont la preuve. Nous possédons un monde unique et limité, et bien que la mort ait été vaincue, éradiquée comme la polio, les gens doivent quand même mourir. La fin de la vie humaine était autrefois entre les mains de la Nature. Mais nous lui avons volé cette prérogative. Désormais, nous avons le monopole de la vie et de la mort. Nous sommes son seul distributeur. » (p. 23)

Ces faucheurs sont des êtres humains choisis de façon aléatoire pour leurs qualités morales et physiques. Les faucheurs doivent respecter des règles strictes : être fermes, mais agir par compassion. Car prendre une vie n’est pas un acte anodin, et chaque faucheur doit se repentir de toute vie qu’il prend. Mais que se passerait-il si certains faucheurs prenaient plaisir à tuer ?

« Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine. Je ne donne pas cher de l’avenir de notre espèce si jamais les faucheurs se mettent à aimer ce qu’ils font. » (p. 114)

Rowan et Citra sont deux jeunes adolescents, à l’aube de leur longue et belle vie. Par un incroyable concours de circonstance, ils sont choisis comme nouveaux apprentis de Maître Faraday, l’un des faucheurs les plus respectés. Leur initiation les entraine au sein d’une communauté bien plus complexe et vérolée qu’ils ne l’auraient imaginé.

Mon avis : La Faucheuse nous présente un avenir en apparence très lumineux pour l’espèce humaine. La mort n’est-elle pas la plus grande peur de l’humanité ? Imaginer un monde où plus aucune maladie ne s’abattrait sur les hommes, plus aucun accident ne pourrait être fatal, plus aucun crime ne pourrait entrainer une mort définitive… La corruption serait anéantie, et le monde serait dirigé de façon utopique par une intelligence artificielle qui souhaiterait le meilleur pour l’humanité.
Mais comme dans chaque dystopie, il y a forcément anguille sous roche, et la communauté des faucheurs, qui se veut irréprochable car détentrice du seul pouvoir qui régit le monde, celui de vie ou de mort sur autrui, semble receler quelques secrets.
Les deux jeunes adolescents se retrouvent embarqués dans une quête qu’ils n’ont pas choisie, et qui les poussera jusque dans leurs plus profonds retranchements. Intrigues, complots, mensonges et manipulation… Citra et Rowan sont pris dans un sac de vipères et ils doivent tenter de tirer leur épingle du jeu sans qu’aucun d’eux n’y laisse la vie.
Le nouveau roman de Neal Shusterman arrive à point nommé, au moment où l’on s’interroge sur la probité des gens qui nous gouvernent, et des institutions qui sont censées nous protéger. Quand tous les pouvoirs sont entre les mains d’un petit groupe de personnes adulées de tous pour leur grandeur d’âme, comment ne pas craindre des dérives ?
D’autre part, La Faucheuse décrit un monde idéal, où le crime n’aurait plus lieu d’être car le Thunderhead voit tout, et anticipe chaque dérapage, à l’exception des faucheurs qui sont indépendants. Dans cette logique, que deviennent les inadaptés, psychopathes et autres sociopathes ? En lisant La Faucheuse, on s’aperçoit que l’humanité a oublié la définition de « meurtre », la mort définitive ne pouvant être donnée que par un faucheur. Et si le meurtrier se cachait sous les habits du glaneur ?
La Faucheuse est un véritable page turner, vous ne pourrez pas le lâcher. Neal Shusterman parvient à vous agripper avec ce thriller d’anticipation. Son écriture fluide, captivante et envoutante va vous scotcher. Il déroule au fil des pages une intrigue tortueuse et vous ne pouvez plus vous empêcher de tourner les pages pour savoir ce que l’auteur réserve à ses personnages… Personne n’est à l’abri !
Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas ressenti un tel engouement pour un roman, au point de ne plus vouloir en sortir (cette sensation lorsque vous arrivez à destination dans le métro et que vous devez sortir à cette station… mais que vous voulez en même temps connaître la suite de l’histoire : le test ultime).
Foncez lire La Faucheuse dès sa sortie en librairie le 16 février, vous ne serez pas déçu ! En prime, le roman est en cours d’adaptation ciné par Universal, rien d’étonnant.

Ma note : 

FiveStars2

Merci à la Collection R et aux éditions Robert Laffont pour m’avoir permis de lire ce livre.

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5 Responses to La Faucheuse (tome 1), de Neal Shusterman

  1. Caroline says:

    Merci encore pour cette chronique et ce conseil. Je finis le livre à l’instant et wouahhhh j’ai adoré ! Je l’ai dévoré.
    Merci !!!

  2. Hello Myriam :)

    J’entends tellement parler de ce livre en bien, qu’il est obligatoire que je le dévore dans peu de temps :)
    En tout cas, après avoir lu ta chronique je ne peut qu’être d’autant plus conquise !

  3. J’ai hâte de me le procurer dès demain ! (vendredi grand max ! haha )

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