Silence, le nouveau chef d’oeuvre de Martin Scorcese

Silence film

XVIIème siècle, deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira (Liam Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme.

Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.

Il aura fallu 28 ans à Martin Scorsese pour porter à l’écran le chef-d’œuvre de Shūsaku Endō paru en 1966.

Mon avis : J’ai eu la chance de pouvoir découvrir Silence en très grande avant-première en janvier dernier (et je remercie encore MENSCH Agency pour cette belle opportunité). Ma première impression à l’issue de la projection fut un grand sentiment de confusion, mais dans le bon sens du terme. Je m’explique : de nombreux sentiments se mêlaient sans que je puisse vraiment les identifier précisément. Et il m’a fallu quelques jours pour pouvoir vraiment faire le point sur tout ce que Silence a remué en moi.

Silence revient sur un fait historique et se déroule dans une partie du monde que nous n’avons pas l’habitude de beaucoup voir abordé au cinéma. La situation socio-culturelle et politique du Japon au XVIIe siècle ne m’était pas forcément familière mais, ayant un grand intérêt pour les faits historiques quels qu’ils soient, Silence m’intriguait donc grandement.

Martin Scorcese aborde la question de l’évangélisation du Japon par les catholiques européens au XVIIe siècle, et des inquisitions qui s’en suivent de la part du pouvoir en place pour chasser cette nouvelle foi hors du territoire insulaire. Le parti pris de départ nous montre les horreurs de la torture pratiquée par l’administration japonaise pour forcer la population à abjurer le christianisme. Le spectateur est donc amené à constater une sorte de barbarie du pouvoir en place envers son peuple, et ne peut que se prendre d’affection pour ces braves villageois prêts à tous les risques pour protéger les deux prêtres arrivés clandestinement pour retrouver l’un des leurs.

Petit à petit, nos convictions sont ébranlées par une mise en scène qui nous projette dans les pensées d’un des deux prêtres. Ce dernier, témoin des supplices auxquels sont soumis les habitants qui les protègent, s’interroge sur sa foi et attend une réponse du divin, qui n’en finit pas d’arriver. C’est dans le silence que ce prêtre est forcé de trouver une réponse à ses questionnements.

Je suis ressortie de cette projection avec une vision bien différente de celle que j’avais durant les premières minutes du film. Sans rien vous révéler, disons seulement que les mauvaises intentions ne sont pas toujours là où on les attend.

Silence nous pousse à nous questionner sur la liberté de croyance, d’expression et d’existence, mais également la limite entre le fait d’être libre de ses choix et le fait d’imposer ses choix aux autres. Une religion a-t-elle vraiment vocation a être universelle ? Les différences culturelles qui modèlent notre conception du monde tout entier, ne sont-elles pas un élément fondamental à l’implantation ou au rejet d’une religion dans une aire géographique donnée ?

Tant de questions que vous serez amenés à vous poser à l’issue du visionnage de Silence. Je vous le conseille grandement, alors bon film !

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