Les Stagiaires, de Samantha Bailly

Les StagiairesSamantha Bailly, Les Stagiaires, éd. Milady, mars 2014

Une bande de jeunes étudiants cherchent un stage de fin d’étude. Ils se retrouvent chez Pyxis, une start-up éditant des mangas et des petits jeux vidéos pour smartphones. L’ambiance se veut décontractée, mais les nouveaux stagiaires vont vite apprendre, à leurs dépends, qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences. 

En bref : Ophélie quitte la province, son appartement et son petit-ami pour la capitale et son stage en communication décroché chez Pyxis. Elle réalise enfin son rêve, travailler dans ce secteur, au sein d’une entreprise jeune, dynamique et pleine de potentiel. Très vite, elle découvre que cette grande aventure est semée d’embuches : trouver un endroit où loger, dans une ville où les loyers sont mirobolants, son salaire de stagiaire médiocre, et les candidatures pour un petit trou à rat beaucoup trop nombreuses pour lui laisser la moindre chance. Côté stage, ce n’est pas mieux. Elle fait la connaissance de Caroline Tranchant, sa tutrice en entreprise qui porte bien son nom : tyrannique et obsédée par son travail, elle ne fera pas de cadeaux à Ophélie, qui ne comptera plus ses heures pour en faire toujours plus, dans le but de satisfaire sa patronne, et peut-être, convaincre suffisamment pour pouvoir prétendre à être gardée pour un CDD…
En parallèle, il y a Arthur, un fils à papa des beaux quartiers parisien, sortant d’une brillante école de commerce, et qui cherche les plaisirs faciles et le divertissement pour égayer une vie déjà blasée à vingt ans. Ce stage chez Pyxis, en contrôle de gestion, c’est un peu son acte de rébellion contre sa mère qui voudrait le voir évoluer dans une grande banque, en costume cravate et salaire à plusieurs zéros. Arthur aime brûler la vie par les deux bouts, mais cela sera-t-il compatible avec l’esprit d’entreprise de Pyxis ?

Mon avis : Ce roman attendait patiemment dans ma PAL depuis sa sortie, et mon achat, au Salon du Livre de Paris en 2014. Le pitch m’avait tout de suite tapé dans l’oeil, ayant déjà connu des stages dignes de figurer dans le palmarès de l’exploitation des jeunes étudiants (comprendre non-rémunérés, point à la ligne, et donc très moyens en matière de conformité avec la loi).
Je me suis enfin décidée à sortir Les Stagiaires de ma PAL une semaine avant la fin de mon dernier stage en date, également dans une maison d’édition, renforçant donc le parallèle avec Pyxis, même si les salles de jeux vidéo pendant les pauses n’étaient malheureusement pas une réalité. C’était l’occasion ou jamais de le lire et d’en apprécier toutes les références, et grand bien m’en a pris !
Les Stagiaires est un concentré d’anecdotes sur les galères des étudiants pour se loger, vivre et surtout survivre à leur première expérience en entreprise. Paperasserie à rallonge pour trouver un appartement, concurrence démesurée pour obtenir ne serait-ce qu’un trou à rat, salaires de misère des stagiaires (très souvent payés au minimum légal… quand ils sont payés tout court), et ambiance de travail pouvant laisser penser que le stagiaire est en fait en poste pour remplacer un CDD… ne comptant pas ses heures, abattant une quantité de travail astronomique pendant que son titulaire est constamment sorti en dehors du bureau… Si vous décidez de lire Les Stagiaires et que vous êtes (ou avez été) en stage vous-même, vous vous reconnaitrez forcément dans un moins une des anecdotes citées dans ce roman, et c’est ce qui fait sa force.
En ce qui concerne l’intrigue plus générale du roman, nous suivons par alternance de chapitres, les péripéties d’Ophélie et d’Arthur au sein de l’entreprise, et dans leur vie privée. Je n’ai pas trop accroché à cette trame narrative, et pour ne rien vous cacher, j’ai trouvé les personnages très caricaturaux et extrêmes. Arthur est un monstre d’autosatisfaction, à l’égo démesuré, ne se privant pas des pires jugements de valeur à l’encontre de toutes les personnes qu’il croise. Ophélie est l’archétype de la gentille jeune fille de bonne famille provinciale qui monte sur Paris et découvre la capitale de ses yeux ébahis. Ses décisions sont parfois très immatures et elle ne sait pas se tenir à ses principes.
Certaines réflexions dans l’ouvrage m’ont également un peu dérangée. Notamment un passage où l’une des stagiaires avoue n’avoir jamais touché à la drogue de sa vie. Ophélie ne se prive pas d’un grand jugement de valeur, laissant penser que ne jamais avoir fumé un joint à 22 ans, c’est un peu avoir raté sa vie. J’ai trouvé ce passage particulièrement déplacé, moralisateur dans le mauvais sens du terme. Chacun est libre de ses choix et ne devrait jamais sentir une sorte de pression du groupe pour faire ce genre d’expérience.
J’ai donc bien apprécié toutes les anecdotes aux stagiaires dans ce roman, que j’ai trouvé très justes et dénonçant des dérives beaucoup trop généralisées. Quant à la partie narrative, elle n’aura pas su m’intéresser outre mesure.
Je lirai toutefois la suite, À durée déterminée, qui suit certains personnages de ce roman dans leur aventure en CDD l’année suivante.

Ma note :

Threestars1

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