Avec des si et des peut-être, de Carène Ponte

Carène Ponte, Avec des si et des peut-être, éd. Michel Lafon, mai 2018

Maxine enseigne le Français dans un lycée de Savannah (-sur-Seine). Elle habite en collocation avec une fervente adepte de la nature, et forme un trio de choc avec ses deux meilleures amies et collègues enseignantes. Un soir, elle s’interroge sur la possibilité de rembobiner sa vie et de prendre un chemin différent. Le lendemain matin, c’est dans une toute nouvelle vie que Maxine se réveille…

En bref : Maxine a une vie bien remplie. Entre ses élèves du lycée de Savannah, ses deux meilleures amies enseignantes avec qui elle passe le plus clair de son temps libre, sa colloc’ vegan et sa soeur dentiste qu’elle voit pour un détartrage toutes les deux semaines, Maxine est plutôt bien entourée.
Malgré tout, elle ne peut s’empêcher de repenser à cet événement qui l’a empêchée, bien des années auparavant, de passer le concours de journalisme. De même, la mort de sa grand-mère « par sa faute », alors que Maxine était au volant, continue de la hanter.

« C’est tentant de penser que les choses ne se sont pas déroulées comme elles auraient dû, de se plaindre, d’imaginer d’autres scénarios. En réalité, c’est se cacher derrière un mensonge, parce que c’est souvent difficile d’assumer qui l’on est. » (p. 369)

Et si Maxine avait fait des choix différents, à quoi ressemblerait sa vie aujourd’hui ?

« – Est-ce que les choses qui nous arrivent sont liées au hasard ? Ou est-ce qu’elles nous arriveront de toute façon, quels que soient nos choix ? » (p. 111)

Un soir, alors qu’elle écoute une émission de radio, un auteur présente son nouvel ouvrage dont le thème est justement les différents chemins que l’on emprunte dans la vie. Maxine ne peut s’empêcher de repenser à toutes les décisions qu’elle aurait aimé changer dans sa vie passée.
Le lendemain matin, elle se réveille dans le corps d’une autre version d’elle. Son voeu a été exaucé. Mais à quel prix ?

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : Avec des si et des peut-être est le deuxième roman que je lis de Carène Ponte, et je suis toujours aussi conquise. Après Tu as promis que tu vivrais pour moi, ce nouveau roman est toujours aussi agréable à dévorer.
On rit de cette héroïne cocasse qui pourrait être la digne soeur de Bridget Jones, mais on est également attendri par ses doutes, ses angoisses et ses espoirs… qui ne sont finalement pas si éloignés des nôtres.
On ne peut s’empêcher de se reconnaître dans toutes ses interrogations existentielles, que l’on garde souvent pour soi.
Qui n’a jamais pensé : « Et si j’avais fait les choses différemment… Peut-être ma vie serait-elle meilleure ? »

« – Je ne vois pas en quoi c’est mal d’avoir envie de savoir où on serait si on avait fait d’autres choix. Des tas de gens voudraient savoir, des tas ! Sauf que moi, je le vis. Et que je ne sais ni comment, ni pourquoi, ni c’est définitif. » (p. 227-228)

Les rebondissements parfois très émouvants entraînés par les choix différents de Maxine nous rendent tout chose. Changer un élément de sa vie, c’est aussi parfois voir d’autres pans de son existence auxquels on tenait se modifier, voire disparaître. Et cela fait relativiser sur nos propres chemins de vie.

« À quoi bon s’interroger sur quelque chose qui n’est pas arrivé et qui n’arrivera jamais… À quoi cela peut-il servir si ce n’est à se faire du mal ? C’est comme ça. Réécrire sa vie, c’est aussi prendre le risque de modifier des choses auxquelles ont tient. Un peu comme s’il y avait des effets secondaires. Alors non, je ne me demande pas. Je vis au présent, je regarde devant et j’avance. » (p. 325)

Avec des si et des peut-être renferme de très nombreux passages inspirants. Carène Ponte se transforme en Maître Yoda pour nous délivrer des enseignements de vie sur lesquels nous pourrons méditer longuement en patientant jusqu’à son prochain roman !
En voici quelques extraits :

« Tu as le boulot que tu as, il te plaît, tant mieux, il ne te plaît pas, tu en changes. Si on doit commencer à se demander ce que l’on aurait dû faire dans le passé, il y a peu de chance de vivre au présent. » (p. 294)

« Quand on veut vraiment quelque chose, que ça nous tient à coeur, rien ne peut nous arrêter. » (p. 347)

« Quand on est homosexuel, on est obligé de l’annoncer. Comme une nouvelle. Comme on peut annoncer une naissance ou un enterrement. Vous, les hétéros, vous n’avez pas ce problème. Inutile de réunir tout le monde le soir de Noël, de se lever pour porter un toast et de dire, après avoir pris une grande inspiration : j’ai une nouvelle, voilà, je crois que je suis hétérosexuel. » (p.36)

Cette dernière pensée signée Carène Ponte m’a fortement rappelé le film Love, Simon qui développe la même réflexion.
Si tous ces petits extraits vous ont inspiré, foncez dévorer Avec des si et des peut-être de Carène Ponte. Vous passerez un très bon moment de lecture tout en vous interrogeant vous aussi sur votre façon d’appréhender votre vie, et vous vous autoriserez enfin à être plus conciliant avec vous-même.

Ma note : 

Merci à Carène Ponte et aux éd. Michel Lafon pour m’avoir permis de lire ce roman.

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