Le Faiseur de Rêves (tome 1), de Laini Taylor

Laini Taylor, Le Faiseur de Rêves (tome 1), éd. Lumen, avril 2018.

(Titre VO : Strange The Dreamer)

Lazlo est un bibliothécaire orphelin qui rêve de voyages et de contes de fées. Un jour, une délégation de la cité perdue de Désolation l’enrôle pour libérer la population d’un joug mystérieux.
Et si ses rêves étaient réalité ?

En bref : Lazlo est un enfant trouvé, élevé parmi des orphelins et ayant choisi une carrière de bibliothécaire. Les livres sont sa passion, et rêver de mythes et autres contes de fées son passe-temps préféré.

« […] car il aimait la bibliothèque. Quand il était petit, il avait l’impression qu’elle était douée d’une sorte de conscience et l’aimait peut-être en retour. Même s’il ne s’agissait que de murs et d’un toit renfermant des monceaux de papier, elle l’avait attiré, envouté, et lui avait offert tout ce dont il avait besoin pour devenir lui-même. » (p. 210)

Jusqu’au jour où une délégation venue de la cité perdue de Désolation débarque dans sa contrée, à la recherche des esprits les plus affutés afin de venir en aide à leur population, prisonnière d’un terrible mal.
Lazlo, qui a toujours rêvé de cette cité prétendument disparue, réussit à s’engager et les suit dans leur long périple.

« Des horizons à la place des livres. Des chevauchées à la place des lectures. C’était une autre vie, mais ne vous y trompez pas : Lazlo était toujours le même rêveur, sinon davantage encore. Il avait peut-être laissé ses livres, mais il transportait toutes ses légendes, des recoins de la bibliothèque illuminés au claireur vers des paysages bien plus adaptés.
Comme celui-ci. » (p.154-155)

Arrivé sur place, c’est une incroyable découverte qui les surprend tous…
De son côté, prisonnière de la cité suspendue et du mésarthium, Sarai et ses quatre frères et soeurs surveillent la cité de Désolation d’en haut. Chaque nuit, elle libère ses papillons pour venir hanter les rêves de la population. Alors que sa soeur Minya rêve de venger leurs parents, les dieux massacrés par les habitants de Désolation, Sarai prend peu à peu pitié de ces êtres humains qui ont vécu tant d’années sous le joug et la peur de leurs parents. Jusqu’au jour où Lazlo arrive à Désolation, et où les deux jeunes gens parviennent à établir un contact, en rêve.

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : J’avais beaucoup entendu parler du Faiseur de Rêves, en des termes très élogieux, comme étant le coup de coeur de nombreux lecteurs. Mes attentes étaient donc très grandes. Je dois également mentionner que j’ai lu ce roman à une période de ma vie qui fut très compliquée, cela a donc peut-être influé sur le fait que ce ne fut pas pour moi la magnifique lecture tant espérée. J’ai toutefois bien aimé cet ouvrage, son histoire très originale, mais surtout la magnifique plume de Laini Taylor, au point de parfois m’arrêter sur certains passages pour les relire une seconde fois, tant la tournure des mots était sublime.
Le Faiseur de Rêves est un roman pour les amoureux des livres, des contes et des mythes. L’histoire est une ode à l’espoir, à l’amour pur et véritable, qui transcende toutes les barrières et la haine d’autrui.

« Elle était peut-être Isagol la Terrible, mais qui montre du respect pour les livres n’est pas irrécupérable. » (p. 397)

Certains passages ont étrangement résonné en moi, en rapport avec les épreuves que je devais moi-même surmonter en parallèle de ma lecture. Et en cela, je pense que ce livre peut parler à de très nombreuses personnes qui pourront se reconnaître dans de nombreux passages, si joliment écrits.

« Sa voix se brisa et elle sentit un noeud se former dans sa gorge. Soudain, elle eut l’impression d’avoir la tête remplie de larmes au point d’exploser si elle n’en versait pas quelques-unes. » (p. 475)

« […] après avoir été seul, tel un pilier isolé, il était devenu la moitié d’un tout, qui s’écroulerait s’il perdait l’une de ses deux parties. » (p.483)

L’intrigue est assez longue à se mettre en place, et Le Faiseur de Rêves est plus un roman d’ambiance durant les deux premiers tiers du roman. Il faut attendre la dernière partie pour que l’action s’emballe et nous entraine dans un suspense croissant, pour finir sur un cliffhanger incroyable, qui ouvre la porte sur de très nombreuses questions appelant autant de réponses, que l’on espère trouver dans le second et dernier tome de la saga.

J’aimerais conclure cette chronique du Faiseur de Rêves par ce magnifique passage, que j’ai relu plusieurs fois tant je le trouvais poétique et criant de vérité. Il reflète à mon sens la beauté de la plume de Laini Taylor.

« En effet, l’inconscient est un terrain ouvert, dépourvu de murs ou de barrières, pour le meilleur et pour le pire. Pensées et sentiments sont libres d’y vagabonder, comme des personnages quittant les pages de leurs livres pour aller goûter à la vie dans d’autres histoires. Les terreurs rôdent, tout comme les désirs, et les secrets sont exposés telles des poches retournées. Anciens et nouveaux souvenirs se croisent, dansent ensemble et laissent leurs parfums les uns sur les autres, comme des amants. C’est ainsi que le sens est créé. L’esprit se construit à la manière d’un nid de sirrah, avec tout ce qu’il trouve à portée de main : fils de soie, cheveux volés, plumes d’oiseaux morts… La seule règle, c’est qu’il n’y en a aucune. » (p. 599)

Ma note : 

Merci aux éditions Lumen pour m’avoir permis de lire ce roman.

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