Misery, de Stephen King

Stephen King, Misery, éd. Le Livre de Poche, 2002

(Titre VO : Misery)

Paul Sheldon est un écrivain de renom. Alors qu’il vient juste de mettre un terme à la vie de son héroïne Misery, et par là même à la mythique saga de romans qui a fait son succès, un accident de voiture sur une route de campagne va changer sa vie. « Son admiratrice numéro un » croise son chemin… et n’apprécie pas le dénouement de ses romans préférés, pour son plus grand malheur.

En bref : Paul Sheldon est un écrivain rendu célèbre par sa saga de romance historique mettant en scène une héroïne du nom de Misery. Lassé de cette prose, Paul aspire à d’autres écrits. Il met donc un terme à cette série de romans en tuant Misery dans le dernier opus.

« Elles voulaient Misery, Misery, Misery. Chaque fois qu’il avait pris une ou deux années pour écrire l’un de ses autres romans – ceux qui avaient représenté à ses yeux son oeuvre « sérieuse », au début avec certitude, puis avec espoir et finalement avec une espèce de désespoir sinistre -, il avait reçu des monceaux de lettres de protestation de ces femmes, dont beaucoup signaient « votre admiratrice numéro un ». » (p. 50)

Alors qu’il s’est éloigné dans la campagne pour finir son nouveau roman, une oeuvre beaucoup plus aboutie selon lui, Paul Sheldon a un accident de voiture.
Il est recueilli par Annie Wilkes, qui le ramène chez elle et l’enferme dans une chambre d’ami « pour le soigner et veiller sur lui », car c’est « son admiratrice numéro un ».
Mais la fin du dernier volet de la saga des Misery n’est pas du goût d’Annie… pour le plus grand malheur de Paul, qui se voit forcé d’écrire une suite, tout spécialement pour son ravisseur et bourreau.

« Mais bien entendu, ce n’était pas Annie qui était Shéhérazade : c’était lui. Et si ce qu’il écrivait était assez bien, si elle ne pouvait pas envisager l’idée de le tuer tant qu’elle n’aurait pas découvert comment l’histoire finissait, quelle que soit  la force avec laquelle ses instincts animaux réclamaient son sang…
N’avait-il pas une chance ? » (p. 108)

 

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : J’avais entendu beaucoup de bien de Misery de Stephen King, qui pour une fois n’a rien de paranormal, mais nous offre un thriller magistral !
Misery est un quasi-huis clos, où le héros, Paul Sheldon, est martyrisé pendant près de 500 pages par une fan(atique) complètement folle et prête à tout pour assouvir ses pulsions délirantes.
Malgré le fait que le cadre du roman ne varie pas énormément, on ne s’ennuie pas une seule seconde, bien au contraire : la tension s’accumule progressivement, pour atteindre le comble de l’horreur (et même lorsque la situation est déjà insoutenable, et que l’on se demande comment elle pourrait être pire… nous ne sommes pas au bout de nos surprises).
Fait intéressant : Paul Sheldon se voit obligé d’écrire une suite au dernier opus des Misery. Certains chapitres sont donc constitués des manuscrits qu’il rédige au fur et à mesure de sa détention. Misery nous immerge encore plus dans la tête de Paul, pour notre plus grande horreur… mais pour le plus grand plaisir du lecteur que nous sommes !
Misery est le deuxième roman de Stephen King que je lis, après Salem. Une fois de plus, je trouve que la fin de celui-ci est également parfaite, et met nos nerfs à rude épreuve… jusqu’à la toute dernière ligne du roman.
J’ai remarqué que Stephen King multiplie les références personnelles dans ses romans (en tout cas dans les deux que j’ai pu lire jusqu’ici, restons modeste). Dans Salem et Misery, les héros sont des écrivains à succès, qui s’interrogent sur leur monde et sur le fonctionnement humain.

« L’idée qu’il était absurde d’éprouver du chagrin pour la mort d’un personnage de fiction ne manqua pas de lui traverser l’esprit tandis qu’il se tournait et se retournait dans son lit. Car c’était exactement ce qu’il éprouvait : du chagrin. » (p. 374)

« Chaque auteur de « best-sellers » de fiction, supposait-il, devait avoir son propre exemple personnel d’un lecteur complètement envoûté par le monde de faux-semblants qu’il avait créé… autant d’exemples du complexe de Shéhérazade, se disait Paul […]. » (p. 375)

L’accident de voiture semble également un thème assez récurrent chez Stephen King, de par son histoire personnelle… doit-on y voir une sorte de psychanalyse par l’écriture, ou d’exorcisme ?
Ce deuxième ouvrage lu, j’avais encore plus envie de continuer à découvrir les écrits de Stephen King. J’ai poursuivi avec une nouvelle inédite, co-écrite avec Richard Chizmar, intitulée Gwendy et la boîte à boutons et récemment publiée au Livre de Poche. Vous aurez mon avis dessus très bientôt.
Dans tous les cas, je compte bien poursuivre sur ma lancée et continuer de découvrir l’univers de cet auteur incroyable et sans pareil !

Ma note :

Pour en savoir plus sur l’univers de Stephen King, je vous invite à visiter les deux excellents sites web : Le Club Stephen King ainsi que Stephen King France.

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2 Responses to Misery, de Stephen King

  1. J’ai lu Shining que j’ai adoré et sa suite Docteur Sleep qui pour moi est un cran en dessous, mais je te recommande vivement cette duologie ! J’ai plus qu’adoré également le film qui reste magistrale avec la présence de Jack Nicholson !
    Misery est celui qui me fait le plus envie =)

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