Salem, de Stephen King

Stephen King, Salem, éd. Le Livre de Poche, 2009

(Titre VO : Salem’s Lot)

En 1970, l’écrivain Ben Mears revient à Salem, petite ville du Maine dans laquelle il a grandi, pour y puiser l’inspiration pour son prochain roman. L’effrayante maison que tout le monde appelle Marsten House trône toujours sur la colline, et de curieux arrivants occupent à nouveau la bâtisse longtemps laissée à l’abandon depuis un tragique et sanglant incident, bien des années auparavant.

En bref : L’écrivain Ben Mears revient à Salem dans le Maine, ville qui l’a vu grandir, pour y rédiger son prochain roman. La maison de Marsten House qui domine la ville lui a laissé un souvenir pour le moins traumatisant. Suite à un pari avec d’autres enfants, il avait pénétré dans la bâtisse abandonnée, gravi l’escalier menant à l’étage, et ouvert la porte du grenier… pour découvrir la vision d’horreur du cadavre de Hubert Marsten, pendu à une poutre.
Car il y a des décennies, une tragédie avait frappé Marsten House. Hubert Marsten, dans un coup de folie, avait assassiné sa femme et s’était pendu dans son grenier.
Cette scène surnaturelle hante Ben Mears depuis toutes ces années, et il est bien décidé à faire la lumière sur les mystères que recèlent Marsten House, par le biais de son prochain roman, tel un exorcisme, bien des années plus tard.

« – On serait tous terrifiés si l’on savait ce qu’il y a dans la tête de chacun. Tu sais pourquoi Poe était un grand écrivain ? Et Machen, et Lovecraft ? Parce qu’ils avaient un pipeline branché directement sur le subconscient. Là où les peurs et les pulsions inavouables nagent comme des poissons phosphorescents dans les ténèbres. Voilà ce que je cherche. Voilà les prises que je convoite. » (p. 761) 

Parallèlement, de nouveaux arrivants débarquent en ville et font l’acquisition de la demeure. Qui sont-ils et pourquoi personne ne les voit jamais ? Et quelle est cette mystérieuse lumière émanant de la fenêtre du grenier de Marsten House chaque soir ? Bien des questions qui taraudent l’esprit des habitants de Salem, et auxquelles Ben Mears devra, bien malgré lui, trouver les réponses.

 

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : Contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, Salem n’est pas une histoire de sorcières. D’autres créatures hantent la ville, et le mal prend sa source dans les tréfonds de Marsten House.

« Je pense que cette maison pourrait être le monument au mal d’Hubert Marsten, une sorte de plaque de résonance psychique. Un phare du surnaturel si tu préfères. Dressé là depuis cette époque funeste et retenant peut-être dans ses plâtres poussiéreux l’essence même du mal d’Hubert Marsten.
 » Et maintenant la maison est habitée de nouveau.
 » Et il y a eu une nouvelle disparition. » (p. 202)

Je préfère ne pas trop vous en révéler sur Salem car je n’ai moi-même pas cherché à savoir de quoi parlait ce roman avant de m’y plonger : et j’ai adoré me laisser porter par l’intrigue passionnante et angoissante rondement menée par Stephen King.
La premier partie du roman est principalement une mise en ambiance, où le lecteur prend connaissance de la ville de Salem, de ses habitants, de leur quotidien et de cette atmosphère lourde qui pèse sur les lieux lorsque Ben Mears revient sur les traces de son enfance.
Petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place, et lorsque l’on commence à comprendre, il est déjà trop tard.
C’est cette expérience de lecture que je voudrais vous laisser vivre à votre tour.
Salem était le premier roman de Stephen King que je lisais, et je n’ai pas été déçue. D’après ses dires, et ceux de nombreux lecteurs, Salem est sans doute, dans la catégorie de ses écrits paranormaux, le meilleur.

« Je pense que Salem’s Lot, malgré tous ses défauts, est l’un de mes meilleurs romans. L’un des plus effrayants aussi. Si vous ne le saviez pas encore, je vous le dis… Et si vous le saviez déjà, je vous le répète… Alors éteignez la télévision – et pourquoi pas toutes les lumières, tant que vous y êtes (sauf celle au-dessus de votre fauteuil de lecture !) – et parlons maintenant vampires dans la pénombre. Je pense, objectivement, pouvoir vous faire croire en leur existence, parce que, lorsque j’écrivais ce livre, j’y croyais moi-même. »
– Stephen King, 15 juin 2005

Salem vous fera frémir, et vous ne pourrez malgré tout pas vous empêcher de tourner les pages pour savoir… c’est une sorte de drogue littéraire, mieux qu’un film d’horreur, dans lequel vous vous cacheriez les yeux de vos deux mains, mais entrouvriez les doigts pour quand même apercevoir ce que vous redoutez le plus. Salem vous fera retrouver votre âme d’enfant, celle qui avait peur du noir… et peut-être à juste titre.

« Mais, avant de sombrer dans le sommeil, il se surprit à réfléchir, comme il le faisait souvent d’ailleurs, à l’étrangeté des adultes. Il fallait qu’ils prennent des laxatifs, de l’alcool, des somnifères, pour échapper à leurs angoisses et trouver le sommeil ; et pourtant, comme leurs craintes étaient ordinaires et faciles à maîtriser ! travail, argent ; qu’est ce que la maîtresse d’école va penser si je ne peux pas acheter des vêtements neufs à Jennie ? est-ce que ma femme m’aime encore ? où sont mes vrais amis ? Comme elles paraissaient ternes à côté des terreurs que chaque enfant retrouve le soir, dans l’obscurité de sa chambre, sans espoir d’être compris de personne excepté d’un autre enfant ! Il n’y a pas de thérapie de groupe, pas de cure psychanalytique, pas d’assistance sociale prévues pour le gosse qui doit, nuit après nuit, affronter seul la menace obscure de toutes ces choses qu’on ne voit pas mais qui sont là, prêtes à bondir, sous le lit, dans la cave, partout où l’oeil ne peut percer le noir. L’unique voie de salut, c’est la sclérose de l’imagination, autrement dit le passage à l’état adulte. » (p. 390-391)

Si ce long extrait ne vous a pas convaincu de vous jeter sur Salem lors de votre prochain passage en librairie ou à la bibliothèque de votre quartier, je ne sais plus quoi dire pour vous convertir, si ce n’est que la lecture de ce roman m’a fait me demander pourquoi j’avais attendu si longtemps avant d’enfin découvrir la plume incomparable de Stephen King !

Ma note : 

Pour en savoir plus sur l’univers de Stephen King, je vous invite à visiter les deux excellents sites web : Le Club Stephen King ainsi que Stephen King France.

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4 Responses to Salem, de Stephen King

  1. Ah j’avoue que celui-ci me fait très envie également ! Il est vrai que King n’a pas son pareil pour nous faire frémir. En pleine lecture de Shinig dans un vieux RER rouillé, la pluie cognait sur les vitres, j’étais seule dans le wagon et là je vois surgir une ombre… Ce n’était que le contrôleur qui a bien ri et m’a avoué n’avoir jamais réussi à finir un livre de King tellement il avait peur !

  2. __Troubles__ says:

    J’ai acheté ce roman il y a quelques années mais je ne l’ai pas encore lu, mais j’avais commencé le visionnage de son adaptation à la télé avec Rob Lowe je crois !

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