La littérature gothique : un genre à déterrer

Bonjour à toutes et à tous,

Je vous parle aujourd’hui d’un genre que j’aimerais beaucoup plus explorer cette année : la littérature gothique.
Je suis tombée dedans quand j’étais adolescente avec les contes d’Edgar Allan Poe (le maître en son genre), et j’ai récemment lu un ouvrage coup de coeur qui pourrait s’y rattacher : The Seven Deaths of Evelyn Hardcasle, de Stuart Turton (voir ci-dessous).
J’ai donc eu envie de vous parler un peu plus de ce genre méconnu sur les réseaux.

 

La littérature gothique est née à la fin du XVIIIe siècle avec Le Château d’Otrante d’Horace Walpole. Ce court roman est d’ailleurs parfois republié dans des anthologies horrifiques aux côtés de Frankenstein par exemple.

La littérature gothique pourrait se résumer à un goût prononcé pour le roman historique, mêlé à une fascination pour le surnaturel.

Voici quelques ouvrages, aujourd’hui considérés comme classiques, qui se rattachent à ce genre :

Frankenstein, de Mary Shelley (rééd. Livre de Poche, 2009)

En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l’étrange spectacle dont il vient d’être le témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d’un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu’il n’est venu s’aventurer ici que pour rattraper quelqu’un – qui n’est autre que la créature monstrueuse qu’il créa naguère, et qui s’est montrée redoutablement criminelle.


 

Dracula, de Bram Stocker (rééd. J’ai lu, 2012)

Jonathan Harker, jeune et brillant clerc de notaire, se rend pour affaires dans les Carpates, où réside son client, le comte Dracula. Celui-ci se révèle un hôte chaleureux et prévenant, mais la curiosité incite Jonathan à pousser son exploration de l’immense château toujours un peu plus loin. À travers les lettres qu’il lui envoie presque chaque jour, Mina, sa jeune épouse restée à Londres, découvre qu’une effroyable réalité se tapit dans l’ombre de la légende…


 

Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde (rééd. Livre de Poche, 1972)

«Au centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d’étranges conjectures.»
Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l’éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de fait, seul vieillit le portrait où se peint l’âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : «Chacun de nous porte en soi le ciel et l’enfer.»


 

Les Hauts de Hurle-Vent, d’Emily Brontë (rééd. Livre de Poche, 1974)

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.


 

Dans un registre plus moderne, on compte également plusieurs romans bien connus du grand public (et certains ont été récemment adaptés au cinéma ou en série TV).

 

The Haunting of Hill House, de Shirley Jackson (rééd. Penguin Modern Classics, 2009)

Ce classique de la littérature fantastique moderne, écrit par l’américaine Shirley Jackson, a récemment été adapté en série TV par Netflix sous le même nom (même si, contrairement au roman, les personnages de la série font tous partie de la même famille).

Il avait également été adapté en film il y a plusieurs années.

Ce roman a été traduit en français sous le titre La Maison Hantée :

La Maison Hantée, de Shirley Jackson (rééd. Rivages Noir, 2016)

Construite par un riche industriel au XIXe siècle, Hill House est une monstruosité architecturale, labyrinthique et ténébreuse, qui n’est plus habitée par ses propriétaires. On la dit hantée. Fasciné par les phénomènes paranormaux, le docteur Montague veut mener une enquête et sélectionne des sujets susceptibles de réagir au surnaturel. C’est ainsi qu’Eleanor arrive à Hill House avec ses compagnons. L’expérience peut commencer. Mais derrière les murs biscornus, les fantômes de la maison veillent et les cauchemars se profilent…


 

Rebecca, de Daphné du Maurier (nouvelle traduction. Livre de Poche, 2016)

Un manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide,  de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?

Immortalisé au cinéma par Hitchcock en 1940, le chef-d’œuvre de Daphné du Maurier a fasciné plus de trente millions de lecteurs à travers le monde. Il fait aujourd’hui l’objet d’une traduction inédite qui a su restituer toute la puissance d’évocation du texte originel et en révéler la noirceur.


 

The Graveyard Book, de Neil Gaiman (rééd. HarperCollins, 2018)

Cette magnifique édition américaine célèbre le 10e anniversaire de la publication de ce roman pour les adolescents, qui fut également adapté en film.

La version française est également disponible, sous le titre de L’Étrange Vie de Nobody Owens.

 

 

 

L’Étrange Vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman (éd. J’ai lu, 2012)

Nobody Owens était presque encore un bébé quand sa famille a péri sous la lame du plus célèbre des tueurs de Londres, le Jack. La nuit du drame, il est cependant parvenu à se réfugier dans un cimetière, où un couple de fantômes l’a recueilli et l’a élevé comme l’un des leurs, sous l’oeil bienveillant de Silas, son ami ni vivant ni mort. Mais cette période heureuse est aujourd’hui révolue, car le Jack rôde toujours, et l’heure est venue d’aller l’affronter une bonne fois pour toutes. A l’extérieur.


 

The Seven Deaths of Evelyn Hardcasle, de Stuart Turton (éd. Bloomsbury Raven Books, 2018)

Je vous ai parlé et reparlé de ce roman incroyable et si original dans sa construction : un véritable chef d’oeuvre (retrouvez ma chronique ici).

Il paraîtra enfin en français en mai prochain aux éd. Sonatine sous le titre Les Sept Morts d’Evelyn Hardcasle : j’ai vraiment hâte que vous puissiez tous le lire !

 

 

Les Sept Morts d’Evelyn Hardcaslte, de Stuart Turton (éd. Sonatine, à paraître le 16 mai 2019)

Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée.
Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ?
Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre.
Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée.
Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

Prêt pour un plaisir de lecture comme vous n’en avez pas connu depuis longtemps ? Plongez dans ce labyrinthe des délices. Chaque personnage, chaque recoin obscur de la maison cache un mystère. Chaque page ou presque offre un rebondissement inattendu. Et il y a 500 pages.


 

The Silent Companions, de Laura Purcell (éd. Bloomsbury Raven Books, 2017)

Newly married, newly widowed Elsie is sent to see out her pregnancy at her late husband’s crumbling country estate, The Bridge.With her new servants resentful and the local villagers actively hostile, Elsie only has her husband’s awkward cousin for company. Or so she thinks. For inside her new home lies a locked room, and beyond that door lies a two-hundred-year-old diary and a deeply unsettling painted wooden figure – a Silent Companion – that bears a striking resemblance to Elsie herself…


 

The Corset, de Laura Purcell (éd. Bloomsbury Raven Books, 2018)

Is prisoner Ruth Butterham mad or a murderer? Victim or villain?

Dorothea Truelove is young, wealthy and beautiful. Ruth Butterham is young, poor and awaiting trial for murder.

When Dorothea’s charitable work leads her to Oakgate Prison, she finds herself drawn to Ruth, a teenage seamstress – and self-confessed murderess – who nurses a dark and uncanny secret. A secret that is leading her straight to the gallows. As Ruth reveals her disturbing past to Dorothea, the fates of these two women entwine, and with every revelation, a new layer of doubt is cast…

Can Ruth be trusted? Is she mad, or a murderer?


 

J’espère que toutes ces idées de lectures gothiques vous auront intéressé et inspiré pour vos prochaines acquisitions.

Dites-moi en commentaire si vous en avez déjà lu certains, et si vous aussi, ce genre vous attire particulièrement ?

Très bon dimanche et bon début de semaine à vous !

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5 Responses to La littérature gothique : un genre à déterrer

  1. Je note évidement Les 7 vies d’Evelyn Hardcastle !
    Merci pour cette vidéo très intéressante qui dépoussière un genre qui n’est pas assez représenté sur Booktube ou les blogs.

  2. Lucie says:

    C’est mon genre littéraire favori. Les trois premières œuvres que tu as citées font partie de mes livres de chevet. En revanche, je ne suis pas sûre que Rebecca de Daphne du Maurier puisse trouver sa place dans la littérature gothique. C’est un thriller, à n’en pas douter, mais je ne vois pas ce qui peut le qualifier de gothique (pas même Manderley à mon sens).

  3. Jessica says:

    C’est un genre qui me tente bien depuis que j’ai lu Northanger Abbey de Jane Austen, bien que je n’ai pas encore eu le temps de m’y pencher. Je prévois de commencer dès que j’en aurais le temps par Les mystères d’Uldophe d’Ann Radcliffe, cité dans le livre. Merci pour ces idées supplémentaires de lectures.

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