L’Outsider, de Stephen King

Stephen King, L’Outsider, éd. Albin Michel, janvier 2019

(Titre VO : The Outsider)

Un jeune garçon est retrouvé tué et atrocement mutilé dans le parc d’une petite ville des États-Unis. Tous les indices tendent à faire croire que Terry Maitland, l’entraîneur de l’équipe de baseball junior locale, est le coupable. Mais celui-ci a un alibi en béton armé.

En bref : Terry Maitland, l’entraîneur de l’équipe de baseball de Flint City, est accusé du viol et du meurtre d’un garçon de onze ans dont le corps mutilé a été retrouvé dans un parc de la petite ville. Les enquêteurs et le procureur décident d’inculper Maitland, car toutes les preuves recueillies sur place, ainsi que les témoignages oculaires, le désignent comme étant le coupable.
L’avocat de Terry Maitland engage un détective privé pour faire la lumière sur cette affaire, et de nouvelles preuves irréfutables indiquent que Terry Maitland était à plusieurs centaines de kilomètres du lieu du crime au moment où le jeune garçon a été assassiné.
Comment expliquer que toutes ces preuves se contredisent ?
Comment un homme pourrait-il se trouver à deux endroits en même temps ?

 

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : On redécouvre dans L’Outsider le Stephen King écrivain de polar/thriller que l’on a pu lire avec la trilogie Mr. Mercedes. De très nombreuses analogies à cette saga sont d’ailleurs présentes tout au long du récit, puisque l’un des personnages, l’enquêtrice de l’agence Finders Keepers, Holly Gibney, intègre les rangs de la défense et mène l’enquête pour leur compte durant la seconde moitié du roman. Il est d’ailleurs à plusieurs reprises fait référence aux précédentes affaires de la trilogie dans L’Outsider (la logique voudrait donc, si vous ne souhaitez pas être spoilé, que vous lisiez la trilogie Mr. Mercedes, Carnets noirs et Fin de ronde avant d’entamer L’Outsider).
Je n’ai néanmoins pas encore lu ces ouvrages, et cela n’a en rien porté préjudice à ma bonne compréhension de l’intrigue (ce ne sont que des références, comme des clins d’oeil à ses précédents romans, comme Stephen King affectionne tant d’en disséminer dans chacun de ses livres).

« Alec Pelley pensait avoir parmi ses contacts le numéro qui l’intéressait, mais quand il appela, un message lui annonça qu’il n’était plus attribué. Il dénicha son vieux carnet d’adresses noir […] et il essaya un autre numéro.
« Finders Keepers », dit la voix au bout du fil. » (p.295)

J’ai beaucoup apprécié cette lecture où l’on se demande, tout comme les enquêteurs, comment le fait d’avoir retrouvé des preuves irréfutables qui soutiennent deux théories totalement opposées, peut être explicable rationnellement. Connaissant le penchant naturel de Stephen King pour le surnaturel, on attend à chaque page que l’histoire bascule vers l’irrationnel, en ne sachant pas vraiment s’il nous entraînera sur ce terrain-là.

« […] Alors, ma question est très simple : et si la seule réponse à l’énigme des deux Terry était d’ordre surnaturel ? » » (p.217)

De même, les enquêteurs ont les mêmes réactions que nous : ils leur est totalement impossible d’envisager une autre théorie que celle explicable scientifiquement. Et on les comprend, car c’est comme cela que l’on réagirait au quotidien.

« Il n’y avait qu’une seule vérité inébranlable, aussi irréfutable que la loi de la pesanteur : un même homme ne pouvait pas se trouver à deux endroits à la fois. » (p. 122)

Outre les clins d’oeil à ses propres ouvrages, Stephen King dissémine de nombreuses références à la littérature et la pop-culture contemporaine : Edgar Allan Poe, Guy de Maupassant, les écrivains de polar et thrillers contemporains Harlan Coben, Lisa Gardner, etc.

« « Il y a un vieux proverbe qui dit que tout le monde a un double. Je crois même qu’Edgar Poe a écrit une histoire là-dessus. William Wilson. » (p.121)

On connaît également Stephen King pour ses nombreux tweets enflammés contre Donald Trump. Dans L’Outsider, l’auteur ne se fait pas prier pour tirer à boulets rouges sur le Président des États-Unis, mais également pour brosser un portrait assez sévère de ses électeurs.

« […] Claude est parti voir s’il pourrait pas la mettre dans une maison pour personnes dépendantes, mais il n’y croyait pas trop. Il dit que c’est une vieille bique têtue. De toute façon, je vois pas comment il pourrait payer, avec ce qu’il gagne ici. Le gouvernement devrait aider les pauvres gars comme Claude à s’occuper d’une personne âgée, mais il s’en fout. »
Disait l’homme qui avait sans doute voté pour Donald Trump, songea Ralph. » (p.  355)

J’ai globalement bien aimé cette enquête totalement hors du commun que nous offre Stephen King avec L’Outsider. Si vous souhaitez vous laisser porter par un polar/thriller aux potentiels penchants surnaturels, et que vous aimez torturer vos méninges, foncez lire le dernier roman du King !
Une chose est sûre, L’Outsider, par ses nombreuses références à la trilogie Mr. Mercedes, m’a donné envie de lire cette saga (déjà intégralement parue en poche). Et pas de souci pour les spoilers, je les ai déjà oubliés depuis que j’ai refermé le livre !

Ma note :

Merci aux éditions Albin Michel pour m’avoir permis de lire ce livre.

L’Outsider était notre lecture commune du mois de février dans le cadre de Mon Petit Club de Lecture. Si vous souhaitez (re)visionner le Live, c’est ci-dessous (attention, la deuxième partie de la vidéo contient des spoilers !).

This entry was posted in 4 étoiles, Fantastique, Polar/Thriller and tagged , , , , , , , , . Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.