L’Anti-Magicien (tome 1), de Sébastien de Castell

couverture L'Anti-Magicien tome 1 éditions Gallimard JeunesseSébastien de Castell, L’Anti-Magicien (tome 1), éd. Gallimard Jeunesse, 2018

(Titre VO : Spellslinger)

À l’aube de son 16e anniversaire, Kelen doit passer les épreuves qui feront de lui un mage accompli. Il viendra donc compléter les rangs des grands mages qui constituent sa lignée… seul problème : ses pouvoirs ont disparu. Il va donc devoir ruser…

En bref

Alors que Kelen fête son 16e anniversaire, il doit également réussir les différentes épreuves que tous les jeunes de son âge doivent passer afin d’abandonner leur statut d’enfant et passer à l’âge adulte.

En relevant chacun des défis établis par le Conseil, ils obtiendront le statut de mage Jan’Tep, comme leurs ainés.

S’ils n’y parviennent pas, ils rejoindront les rangs des serviteurs Sha’Tep et se mettront au service des mages tous puissants.

Kelen appartient à l’une des familles les plus puissantes et influentes de sa région. Mais, contrairement à tous ses camarades, et au grand désarrois de ses proches, il ne parvient pas à se servir de la magie.

Alors que les épreuves approchent, il doit rapidement apprendre à ruser et à faire usage de la prestidigitation pour faire illusion… mais cela ne dure qu’un temps.

« Je retins un soupir de soulagement. Je venais de réaliser une excellente performance. La peur puis la colère sur mon visage étaient cohérentes, et mon mensonge juste assez plausible pour semer le doute parmi eux. » (p. 356)

Aidé dans sa quête par une mystérieuse étrangère qui lui enseigne l’art des cartes à jouer, et d’une petit animal poilu et teigneux qui n’a pas sans langue dans sa poche, Kelen tente de faire la lumière sur la disparition de ses pouvoirs, mais découvre également l’étendue d’un complot qui dépasse l’entendement.

 

L'Anti-Magicien (tome 1) de Sébastien de Castell, publié aux éditions Gallimard Jeunesse
Instagram @missmymoo

 

Mon avis

Cela faisait un moment que je tournais autour de cette saga signée Sébastien de Castell (depuis que je travaille à la librairie), et elle me faisait terriblement envie. J’ai donc profité du confinement pour lire le premier tome de L’Anti-Magicien et bien m’en a pris : ce fut un gros coup de coeur !

Il faut dire qu’elle avait tout pour me plaire :

L’univers de L’Anti-Magicien est fortement inspiré de l’Égypte ancienne : le cadre semi-désertique, les noms des personnages (Abydos, Ra’meth de la maisonnée de Ra, Ke’heops, etc.), les éléments de leur vie quotidienne (vêtements), leurs rituels mortuaires (momification)…

« Elle portait rarement des parures de prix, pourtant, ses tenues en kasiris – un fourreau de mousseline blanche qui lui descendait jusqu’aux chevilles – attiraient immanquablement l’attention de chaque homme de la cité […] » (p. 72)

 

« J’étais tellement concentré sur les sigils que je n’avais pas remarqué les dizaines de niches creusées dans la partie basse des murs. Chacune abritait un corps enveloppé de bandelettes en lin, les pieds au fond, la tête vers nous. Ce n’était pas la pratique funéraire de mon peuple, pas plus que celle des masques laqués qui couvraient le visage des morts. » (p. 345)

J’ai également beaucoup apprécié les nombreuses réflexions féministes et souvent chargées d’un humour cinglant tout au long de l’histoire (roman écrit par un homme, il faut le noter), comme vous pouvez le découvrir dans ces quelques extraits :

« – On s’adresse à un mage Jan’Tep de mon rang en l’appelant maître.
Furia haussa les épaules.
– J’ai pour règle de n’appeler aucun homme « maître », alors considérez-moi comme une amie, et comme ça, je vous appellerai tout simplement Ke’heops. » (p. 73)

 

« – Laisse-moi juste te dire ça. (Elle chassa les larmes de ses yeux avec ses mains, qu’elle essuya sur sa robe.) Kelen, pour les filles, rien n’est pareil. Les maîtres rechignent à nous enseigner la haute magie. Ils considèrent qu’on devrait se contenter d’apprendre à devenir guérisseuse, alors… » (p. 137)

 

« – Je suis une femme, gamin. Tu n’en as sans doute encore jamais croisé, vu le trou paumé où tu vis. Une femme, c’est un homme en plus malin et avec plus de couilles. » (p. 141)

 

« – Seriez-vous en train de me menacer, femme ?
– Il y a sans doute bien longtemps que ça ne vous était pas arrivé, répliqua-t-elle. » (p. 244)

 

« – Ce que j’ai l’intention de devenir, c’est une femme qui ne demande la permission à personne. » (p. 434)

L’Anti-Magicien est également ponctué de nombreuses interrogations sur notre place dans ce monde, comment faire le bon choix, le bien et le mal… dont certaines que j’ai trouvées particulièrement inspirantes :

« Quand tu connaîtras le vaste monde autour de ta ville natale, hors de ces murailles entre lesquelles tu as grandi, tu te rendras compte qu’on ne sait presque jamais si on fait ce qu’il faut. Une action courageuse et sincère peut mener à une guerre et à l’anéantissement. Un acte lâche et intéressé peut conduire à la paix et à la prospérité. » (p. 232)

 

« La magie n’est pas blanche ou noire. C’est la façon dont nous l’utilisons qui lui donne sa couleur. » (p. 315)

 

« On a toujours l’espoir, même profondément enfoui, que le jour où on en aura vraiment besoin, quand ça comptera vraiment parce que c’est une question de vie ou de mort, on surmontera tous les obstacles de la vie et la puissance se manifestera. » (p. 369)

 

« – On a tous de la laideur en nous, Kelen. La tienne est plus noire encore ? Eh bien, lutte plus fort. Trouve un moyen. Mais ne dis jamais que tu n’as pas le choix. » (p. 421)

Et pour finir sur une note plus légère, le personnage de Rakis, ce petit animal nommé chacureuil (hybride entre un chat et un écureuil), particulièrement teigneux et tout à fait dénué de second degré, m’a fait totalement tomber sous son charme !

« – C’est quoi, un esclave ? demanda Rakis. (L’autre chacureuil lui feula une réponse et, après quelques instants, il me regarda en disant : ) Les humains sont vraiment dégueulasses. » (p. 313)

 

« Je sentis quelque chose de poilu contre ma joue gauche. Cette sensation disparut pour revenir quelques secondes plus tard. Ce schéma se répéta à plusieurs reprises avant que j’ouvre les yeux. Des yeux de fouine en retrait d’un museau écrasé et moustachu me regardaient. Assis sur mon torse, le chacureuil me frappait avec ses pattes.
– Mais qu’est-ce que tu fous ? demandais-je.
– Je te donne des claques. J’ai vu des humains faire ça quand quelqu’un s’évanouissait. Ça aide ? (Il me frappa de nouveau.) Je dois mettre les griffes ? » (p. 376)

Vous l’aurez compris, j’ai totalement été conquise par ce premier tome de L’Anti-Magicien et j’ai vraiment hâte de lire la suite des romans de Sébastien de Castell ! Je pense que je n’attendrai pas longtemps avant de me procurer le tome 2.

Point positif si vous ne l’avez toujours pas lu : le premier tome vient de sortir en poche chez Folio Junior !

 

Ma note

 

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