Sans foi ni loi, de Marion Brunet : pourquoi je n’ai pas (tant) aimé la Pépite d’or de Montreuil 2019

Marion Brunet, Sans foi ni loi, éd. Pocket Jeunesse, septembre 2019

Ce roman français nous plonge au coeur du Far-West américain, aux côtés d’un jeune garçon « enlevé » par un bandit des grands chemins… Mais derrière la carabine se cache une femme, chose peu commune au XIXe siècle.

En bref

Garett est enlevé par un hors-la-loi du nom de Ab Stenson. Mais ce fugitif, recherché par les représentants de la loi de toute une région, est en réalité une femme.

Qui aurait cru qu’une femme pourrait porter des habits d’homme, être si peu soucieuse de son apparence, ne s’embarrasser d’aucuns scrupules, se flanquer d’une démarche autoritaire et imposer la crainte tout autour d’elle ?

Petit à petit, Garett apprend à connaître Ab, et celle-ci ne le considère plus totalement comme un prisonnier. Parcourant un bout de chemin ensemble, elle lui laisse peu à peu entrevoir les félures au sein de sa carapace.

Garett remet lui aussi en question tout ce qu’il considérait comme acquis, et apprend à faire la paix avec ses démons intérieurs.

 

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Mon avis

J’étais très enthousiaste à la sortie de ce roman car ce n’est pas souvent que l’on peut lire de la fiction Young Adult dans un cadre de Western ! Vous savez combien j’apprécie les romans historiques : cela apportait une touche de diversité encore plus bienvenue.

Le début semblait très prometteur, et j’ai beaucoup apprécié le côté féministe de Sans foi ni loi, qui nous dépeint une héroïne forte, affranchie de toutes les contraintes que la société de l’époque imposait aux femmes : elle est indépendante, n’a pas sa langue dans sa poche, ni même son revolver…

« – Une femme qui s’habille en homme, une honte pour toutes les femmes de ce pays !
Nous y voilà. Ce n’est pas qu’elle ait tué, le pire. Ce n’est pas qu’elle ait vidé des coffres de banques. Que Stenson ait choisi de porter un pantalon, une chemise, et de vivre une vie d’homme, ça, personne ne le lui pardonne. » (p. 190-191)

Malgré tout, j’aurais apprécié qu’on suive un peu plus Ab Stenton… alors que le roman diverge très vite sur les questionnements de Garett, qui se cherche, tente d’obtenir des réponses à des questions qu’il ne se serait pas posé avant de côtoyer sa ravisseuse.

Ce duo assez improbable de garçon « soumis » et de femme « dominatrice » est assez improbable mais très attachant, et j’aurais aimé les suivre plus longtemps.

Malheureusement, je suis restée sur ma faim.

Ce roman, définitivement trop court (222 pages), aura bien mérité une centaine de pages supplémentaires, ne serait-ce que pour laisser toute sa place au développement des personnages.

J’aurais donc gardé un sentiment de précipitation vers les 30 dernières pages du livre, comme si la fin du film approchait, que le réalisateur n’avait plus suffisamment de pellicule et qu’il fallait boucler l’affaire et mettre un point final à cette histoire.

 

Pépite d’or du Salon de la Presse et de la Littérature Jeunesse de Montreuil 2019

Sans foi ni loi a remporté la Pépite d’or 2019 décernée par le SLPJ de Montreuil : première fois qu’un roman obtient ce prix (d’ordinaire décerné à des albums).

 

Ma note

 

Merci aux éditions Pocket Jeunesse pour m’avoir permis de lire ce livre.

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