Disgrace, de Brittainy C. Cherry

Brittainy C. Cherry, Disgrace, éd. Hugo New Romance, mars 2021

(Titre VO : Disgrace)

Grace se sépare de son mari après que celui-ci ait été infidèle. Elle retourne dans sa petite ville natale où les ragots vont bon train… et fait la connaissance de Jackson, le “mauvais garçon” bougon et distant que tout le monde évite. Grace tente de se reconstruire en s’affranchissant du regard des autres, mais Jackson a également des fêlures à combler.

En bref

Après plusieurs années de mariage et de nombreuses fausses couches, Grace doit faire face à la dure réalité : Finn l’a trompée et il est temps de mettre un terme à leur union.

Grace revient passer l’été dans sa petite ville natale où tout le monde se connaît et où l’on attend d’elle qu’elle soit la fille modèle du pasteur. Les ragots vont bon train et Grace ressent de plus en plus le besoin de s’affranchir des opinions des autres afin de vivre sa propre vie telle qu’elle l’entend.

“J’avais envie de me plonger dans les ténèbres et de laisser partir la lumière.
Je voulais être libre d’éprouver tous les sentiments que je voulais sans craindre le jugement des autres.
Je voulais être libre.

(p. 191)

Elle fait la connaissance de Jackson, le fils du garagiste alcoolique. Son père et lui vivent en marge de la communauté, et il est difficile pour Grace de comprendre pourquoi Jackson semble si froid et renfermé sur lui-même.

Se pourrait-il que Grace et Jackson, que tout oppose en apparence, aient bien plus en commun qu’ils ne semblent le présumer ?

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“Parfois, pour se trouver soi-même, on est obligé de décevoir les autres, y compris ses parents.

(p. 232)

Mon avis

Disgrace est le deuxième roman de Brittainy C. Cherry que je lis (après The Air He Breathes) et j’ai été encore plus conquise que pour ma lecture précédente.

Ce nouveau roman nous plonge dans l’Amérique profonde, conservatrice et puritaine, emprunte de religion et où le qu’en dira-t-on régit la vie de chacun. Grace, la fille du pasteur de cette petite ville, n’a jamais eu le droit à l’erreur, et ses parents semblent accorder plus d’importance à ce qu’on pourrait penser d’eux, qu’au bien-être de leur propre fille.

Dire que ce roman fut inspirant serait la moindre des choses. J’ai tant noté de passages qu’il serait impossible de tous vous les retranscrire ici (au risque que cette chronique ne vous assomme par sa longueur… et de trop vous en dévoiler, il faut bien vous laisser la surprise de la découverte).

Disgrace regorge donc d’extraits qui vous poussent à la réflexion, sur votre rapport aux autres et à vous-même, à la façon dont vous évoluez dans le monde au quotidien, mais aussi dont vous vous traitez par défaut.

Je me suis tellement reconnue dans la personne de Grace, et sa relation compliquée mais salvatrice qu’elle entretient avec Jackson donne lieu à des échanges profondément émouvants, tant pour les personnages que pour le message qu’il nous apporte.

“La seule personne responsable de toi, c’est toi. Tu dois te trouver toi-même. Tu dois être ton propre soutien. Sinon tu passeras ta vie à essayer d’être tout ce que tout le monde désire que tu sois, et cent pour cent du temps, ce ne sera pas encore assez. Donc tu dois te trouver toi-même. À partir de là, tu dois te faire passer en premier. Sinon, tu vas sombrer.

(p. 375)

Disgrace est également une ode à l’amour des livres et de la lecture. De nombreuses scènes du roman se déroulent dans une librairie, avec un espace dédié à la lecture (ce qui est en soi assez atypique, mais passons). Les références à de nombreux romans young adult feront d’ailleurs sourire les amateurs du genre. Voici quelques citations qui m’ont marquées, et qui illustrent parfaitement notre rapport à la lecture et aux livres en général.

“Après quelques minutes de cette discussion, je finis par pénétrer dans la partie silencieuse de la librairie. Lorsque les portes se refermèrent derrière moi, je pris une profonde inspiration en jetant un regard circulaire à toutes ces merveilles qui garnissaient les murs.
Bonjour les amis.
Tellement de mots emplissaient cette espace que je ne savais pas par où commencer. Je me réjouissais à l’idée de me perdre dans ces pages, d’autant plus maintenant que ma vie était un véritable gâchis. J’avais plus envie de me plonger dans l’histoire de quelqu’un qui nageait dans le bonheur que de perdre mon temps à m’interroger sur la mienne.

(p. 96)

“Même si le monde était plongé dans les ténèbres, il y avait toujours les mots dans les livres.Par conséquent, je savais qu’il y aurait toujours de la lumière autour de moi, même dans les jours les plus sombres.

(p. 245)

“C’était le genre de livre qui vous serrait le coeur et, une fois que vous l’aviez commencé, même quand vous éprouviez la nécessité de le poser pour souffler un peu, vous continuiez à tourner les pages pour connaître la suite, plutôt que de vous préoccuper d’une chose aussi insignifiante que de respirer.

(p. 246)

Je vous recommande donc fortement la lecture de ce nouveau roman signé Brittainy C. Cherry. Il vous fera passer par tout un éventail d’émotions : du rire aux larmes, du désespoir à la renaissance…

Après avoir lu Disgrace, vous n’en ressortirez pas tout à fait comme avant.

Ma note

Un grand merci aux éditions Hugo New Romance pour m’avoir permis de lire ce livre.

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