Le Signal, de Maxime Chattam

Maxime Chattam, Le Signal, éd. Albin Michel, octobre 2018

La petite ville côtière de Mahingan Falls, non loin de Salem, abrite bien des secrets. La famille Spencer, fraîchement débarquée de New York, va en faire la désagréable expérience… mais l’horreur ne touchera pas qu’eux. Toute la ville sera bientôt atteinte par des manifestations démoniaques incontrôlables.

En bref : La famille Spencer débarque avec ses deux enfants et son chien Smaug à Mahingan Falls, petite ville côtière reculée du Nord-Est des États-Unis, non loin de Salem, la tristement célèbre ville où furent brûlées de nombreuses femmes accusées de sorcellerie au XVIIe siècle.

« C’était à cette époque qu’il avait découvert Mahingan Falls, en étudiant les fameux procès des sorcières de Salem. Plusieurs filles provenaient de cette petite ville de la côte du Massachusetts, et l’une d’entre elles attira plus particulièrement son attention à cause de la cruauté du traitement qui lui fut infligé par les autorités. » (p. 300)

Mahingan Falls semble bien tranquille, jusqu’au jour où plusieurs événements anormaux surviennent : un plombier est retrouvé démembré sous les fondations d’une maison où il effectuait des réparations, des cris inhumains et des élucubrations proférées dans une langue inconnue couvrent les ondes radio… Smaug, le chien des Spencer, semble terrifié de la forêt bordant la ferme dans laquelle la famille a élu domicile. Les enfants eux-mêmes font une terrible découverte dans les champs avoisinant.
Passé le temps des questionnements, c’est toute la ville qui bascule peu à peu dans l’horreur, jusqu’au point de non-retour où plus rien ne peut désormais être évité.

« Personne ne fit le rapprochement ce soir-là entre l’absence de poissons à proximité de la baie et le silence dans la forêt environnante. Pas plus avec les oiseaux pratiquement muets ou le comportement étrange de la plupart des chiens au moment du crépuscule.
Et chacun était trop occupé à mener sa propre existence…
Et pendant ce temps, l’ombre grandissait, inlassablement. » (p. 139-140)

 

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : Le Signal était mon premier roman de Maxime Chattam, et je comprends mieux pourquoi il est si largement comparé à Stephen King. Si vous aimez l’oeuvre du maître incontesté de l’horreur, vous adorerez Le Signal. Dès les premières pages, Maxime Chattam parvient à recréer l’atmosphère des pires films d’horreur. L’écriture est cinématographique, le lecteur ne peut s’empêcher de se projeter au coeur des scènes décrites, et de trembler aux côtés des personnages… tout en ne pouvant s’arrêter de tourner les pages, même s’il craint ce qu’il va y trouver par la suite.
Il n’y a pas à dire, Maxime Chattam parvient dans Le Signal a réveiller nos peurs enfantines, les plus enfouies en chacun d’entre nous. On se rappelle alors qu’il y a plusieurs dizaines d’années, nous aussi avions peur du noir… et peut-être à raison.

« Les ombres abritaient des choses peu recommandables, épouvantables parfois. Les adultes mentaient. Les monstres arpentaient cette terre. Ils en avaient eu la preuve. » (p. 371)

Je me suis surprise à passer de nombreuses nuits éveillées, incapable de lâcher ce roman tant il est – certes très épais (près de 750 pages) – addictif et que la plume de l’auteur est fluide et plaisante. Je comparerais presque cela à des histoires effrayantes racontées autour d’un feu de camp. On en meurt d’envie rien qu’à l’idée de se faire peur, mais lorsqu’elles sont narrées par Maxime Chattam, on finit vite par regretter d’avoir lancé cette idée (mais par prendre un sacré plaisir à frissonner grâce à lui) ! Dans la nuit silencieuse, chaque bruit de votre maison ou appartement vous paraît désormais suspect, et vous vous enfoncez un peu plus sous votre couette, si tant est qu’elle vous confère une quelconque protection bien illusoire.

« Pire : entendre la maison s’éteindre à la nuit tombée, le silence s’installer, la tête sur l’oreiller, dans le noir, vulnérable, en sachant les choses qui hantaient les bas-fonds de la ville, et se sentir si seul, si incompris… » (p. 524)

Et malgré tout, Maxime Chattam parvient à insuffler des réflexions très réelles et criantes d’actualité dans son roman, extraits qui résonnent à bien des échelles selon les lecteurs.

« – Dans un monde qui se désincarne de plus en plus, la quête de sens appelle à davantage de spiritualité. Hélas, pour certains, ce sont la peur, l’inculture, le désarroi qui les poussent à se réfugier dans la religion, et une poignée d’opportunistes manipulent les plus crédules, c’est le terrorisme. » (p. 358)

En résumé, si vous souhaitez frissonner, plonger dans un roman qui vous fera faire des nuits blanches tant le suspense sera à son comble, que vous ne craignez pas de mettre vos nerfs à rude épreuve et que l’hémoglobine ne vous révulse pas : FONCEZ dévorer Le Signal de Maxime Chattam, vous ne le regretterez pas !

Ma note :

Merci aux éditions Albin Michel pour m’avoir permis de lire ce livre.

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