L’Ordre des Revenants (Au Service de Sa Majesté La Mort), de Julien Hervieux

Julien Hervieux, L’Ordre des Revenants (Au Service de Sa Majesté La Mort #1), éd. Castelmore, 2018

Elizabeth est assassinée alors qu’elle mène une enquête dans le cadre de ses activités de journaliste indépendante. Quelques jours plus tard, elle est réanimée et déterrée de sa tombe par un Revenant. Elle intègre alors un nouvel Ordre secret et sert la Mort pour poursuivre ceux qui sont parvenu à lui échapper.

En bref : Londres, 1887. En pleine ère victorienne, Elizabeth Black tente envers et contre tout d’être une femme libre et indépendante dans une société particulièrement masculine. Elle rêve de devenir journaliste, mais doit pour l’instant ce contenter d’écrire pour le compte de l’un d’entre eux, trop drogué et à la dérive pour le faire lui-même. Un soir qu’elle tente de le rejoindre, elle est assassinée.

« – Si vous étiez née homme, vous seriez célèbre à cette heure, Miss Black. Vous avez de l’or dans la tête et au bout des doigts. » (p. 19)

Quelques jours après ses funérailles, elle est déterrée par un mystérieux individu, qui lui apprend qu’elle a été choisie par Charon, l’envoyé de la Mort elle-même, pour rejoindre les rangs de son Ordre.
Son but désormais : poursuivre les Trompe-la-Mort, toutes ces personnes ayant trouvé une parade pour échapper au jour de leur mort et ainsi prolonger leur existence plus que de raison. Vampires, adeptes du vaudou… ils sont désormais dans la ligne de mire d’Elizabeth qui a pour mission de les faire passer de vie à trépas, de façon bien définitive.

« Elle avait l’impression d’être Alice passée de l’autre côté du miroir, comme dans le livre de Lewis Carroll qu’elle avait lu et relu. Mais le monde terriblement dangereux qu’elle découvrait n’avait rien de merveilleux. Et, plus étrange encore, il existait dans les ombres de Londres, depuis des siècles, sans qu’elle en ait jamais eu connaissance. » (p. 91)

Instagram @missmymoo

 

Mon avis : J’ai été totalement séduite par L’Ordre des Revenants, le premier tome de la saga Au Service de Sa Majesté La Mort. La plume de Julien Hervieux (alias L’Odieux Connard, pour les connaisseurs) est fluide, entraînante et très poétique. On est totalement plongé dans le Londres victorien de la fin du XIXe siècle, ses quartiers sombres et les pavés qui furent foulés par Jack L’Éventreur, mais aussi, à l’opposé, les salons de la haute société aristocratique.

« – Les princes, les rois et les paysans sont égaux face à la Mort et doivent le rester. Je vous le redis, Miss Black : nous ne sommes pas là pour tuer. Nous n’abrégeons la vie de personne. Nous nous contentons de corriger ce qui n’aurait pas dû être. » (p.73)

Julien Hervieux a le don pour réadapter la mythologie grecque à sa sauce : il reprend ainsi les anciens mythes sur le trépas, le Styx, célèbre fleuve des Enfers, ou encore Charon, son passeur d’âmes. Ces éléments servent son histoire de façon tout à fait intrigante, en venant l’enrichir de façon très originale et recherchée.

« Si Charon trouva des mortels pour l’aider, ils n’étaient pas de taille à lutter contre ceux qui avaient défié la Mort elle-même, et que nous appelons les Trompe-la-Mort. Charon se tourna donc vers sa maîtresse et lui demanda des serviteurs plus forts, affranchis des limites des corps mortels. Et la Mort accepta : Charon se rendit donc sur les rives du Styx pour choisir des âmes qu’il renvoya à leurs corps. Les premiers Revenants étaient « nés », si l’on peut dire. » (p.88)

Autre élément qui m’a fait particulièrement apprécier ma lecture : Elizabeth est une grande amoureuse des livres. Son passe-temps préféré, après la lecture, est de réaménager son coin bibliothèque pour qu’il soit une véritable bulle de paix et d’isolement où elle puisse dévorer ses romans sans être dérangée. Qui n’a jamais rêvé de faire de même ?

« Mais ce qui faisait tout le charme de cet appartement, c’était la minuscule pièce qui donnait sur la cour intérieure de l’immeuble. Le propriétaire n’avait jamais su qu’en faire : Elizabeth y avait aménagé une bibliothèque. Elle avait garni le sol d’une confortable couche de coussins, comme elle l’avait vu sur des illustrations des Indes, et acheté une épaisse couverture sous laquelle se glisser lorsqu’il faisait froid. Il lui suffisait de fermer la porte pour s’installer confortablement au milieu des rayonnages depuis lesquels les oeuvres de Charles Dickens, de Jules Verne ou encore les contes des frères Grimm la contemplaient. Et, ainsi pelotonnée sous sa couverture au sein de son cocon, elle dévorait avidement les derniers livres qu’elle avait achetés. » (p.13-14)

Avouez qu’on rêve tous de ce genre de coin bibliothèque où l’on pourrait se couper du temps et se plonger dans les univers merveilleux des nombreux ouvrages qui composent notre PAL !
Cette passion de la lecture lui est d’ailleurs d’une grande utilité dans ses nouvelles fonctions d’agent secret au service de l’Ordre, puisqu’elle se doit d’avoir une grande connaissance du monde qui l’entoure, mais également une imagination fertile afin de ne pas sabrer sa couverture dans toutes les affaires au sein desquelles elle est infiltrée.

« Pour qui a le goût de la lecture, les personnages sont plus que des mots couchés sur du papier, ils sont vivants. Ils ont un visage, un sourire, une voix et surtout une histoire. Elizabeth avait lu des centaines de livres, et croisé le chemin de milliers de personnages. Elle savait ce qui les rendait crédibles, presque tangibles. Quelle meilleure formation pour s’inventer une identité de toutes pièces ? » (p.121)

J’ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans cette première aventure d’Elizabeth Black avec ce premier tome d’Au Service de Sa Majesté La Mort, pour toutes les raisons que je vous ai évoquées précédemment.
J’espère vraiment que L’Ordre des Revenants aura suffisamment de succès pour qu’un second tome voit bien le jour, et il ne tient qu’à vous d’aller vous procurer ce premier volet ! Qu’attendez-vous ?

Ma note :

Merci aux éd. Castelmore pour m’avoir permis de lire ce livre.

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